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Gibert envisage un repli sur Saint-Michel, Barbès menacé

Le plan prévoit 84 suppressions de postes et pourrait réduire la présence parisienne de Gibert, avec Barbès menacé et d’autres adresses concernées.

Illustration - Librairie Gibert et livres d’occasion

Le plan présenté vendredi 24 juillet par Gibert pourrait aussi redessiner sa présence à Paris. Le groupe, placé en redressement judiciaire le 28 avril, envisage la suppression de 84 postes sur 500 au second semestre 2026 et veut concentrer ses forces autour de ses implantations du boulevard Saint-Michel.

L’AFP rapporte qu’une fermeture est envisagée à Barbès et qu’un repreneur serait recherché pour une librairie du Quartier latin. Le média professionnel ActuaLitté cite également le corner du Printemps Nation et le 27 quai Saint-Michel parmi les sites concernés par le projet. Celui-ci doit encore être discuté avec les représentants du personnel. La répartition des suppressions de postes entre les magasins n’a pas été publiée.

Pour se redresser, Gibert mise sur son métier le plus ancien : le livre d’occasion. La direction veut le replacer au centre de l’activité, tout en conservant les livres neufs, la papeterie, la musique et la vidéo. Ce choix privilégierait le bastion historique de Saint-Michel au détriment possible d’un réseau parisien plus dispersé.

Les implantations concernées ne remplissent pas la même fonction. Au 15-17 boulevard Barbès, Gibert exploite une librairie généraliste que l’enseigne présente comme la plus grande librairie d’occasion du 18e arrondissement. Elle rachète toute l’année livres, CD, DVD et Blu-ray, et sert aussi de point de retrait pour les commandes.

À Nation, le corner du cinquième étage du Printemps réunit librairie et papeterie, sans service de rachat. Le 27 quai Saint-Michel est davantage tourné vers la papeterie, l’ésotérisme et le bien-être. Dans les deux cas, les clients souhaitant vendre leurs livres sont déjà dirigés vers Barbès ou la rue Pierre-Sarrazin, près du boulevard Saint-Michel.

Les représentants du personnel avaient exprimé leurs inquiétudes dès l’ouverture du redressement judiciaire. En avril, Sophie Rachet, déléguée syndicale CGT Gibert Joseph Paris, demandait un « vrai travail d’échange » et signalait déjà les incertitudes entourant le magasin du 18e arrondissement. Le plan ne précise toujours pas combien d’emplois seraient supprimés dans chaque équipe parisienne.

Le recentrage sur Saint-Michel s’inscrit dans l’histoire de l’enseigne. Joseph Gibert a commencé en 1886 avec quatre boîtes de bouquiniste sur le quai, avant d’ouvrir en 1888 une librairie spécialisée dans les manuels scolaires d’occasion. Si les projets présentés aboutissent, préserver ce cœur historique en se retirant du nord et de l’est de Paris rendrait aussi Gibert moins présent dans la ville qui l’a vu naître.

À Barbès, un habitant peut encore déposer ses livres, ses disques ou ses films du lundi au samedi. Si la fermeture est confirmée, ce même geste imposera de traverser Paris jusqu’à Saint-Michel. C’est dans cette distance supplémentaire que se mesure le repli aujourd’hui envisagé.

Sources consultées
  1. Le Parisien avec l’Agence France-PresseLibrairies Gibert : la direction envisage de supprimer 84 postes sur 500 d’ici fin 2026
  2. ActuaLittéGibert envisage la cession ou la fermeture d’au moins cinq librairies
  3. ActuaLittéGibert : « Il faut que le groupe perdure, mais pas au détriment des salariés et des emplois »
  4. GibertParis XVIII, Gibert Joseph, librairie, papeterie, musique et vidéo
  5. GibertNotre histoire