
La semaine de quatre jours recueille 77 % d’avis favorables parmi les 80 parents réunis par la Ville de Paris. Mais leur rapport final ne se résume pas à supprimer la classe du mercredi matin. Il réclame surtout des groupes plus petits, des animateurs diplômés et du temps pour transmettre les informations lorsqu’un enfant passe de l’enseignant à l’équipe municipale.
La convention, réunie au printemps autour des temps de l’enfant, s’est penchée sur les périodes qui entourent la classe dans les écoles publiques de la capitale. Paris conserve une semaine de quatre jours et demi : classe le mercredi matin, cours jusqu’à 15 heures le mardi et le vendredi, puis ateliers périscolaires gratuits jusqu’à 16 h 30.
Dans les mêmes bâtiments se succèdent pourtant deux organisations. L’Éducation nationale dirige le temps scolaire. La Ville recrute les animateurs, finance les activités et organise le midi, les ateliers, le soir et les centres de loisirs. Les parents jugent la frontière entre ces équipes trop étanche. Ils proposent un projet pédagogique commun, un cahier de transmission quotidien et au moins dix minutes de chevauchement rémunéré entre personnels scolaires et périscolaires.
Le rapport propose un animateur pour six à huit enfants en maternelle et pour huit à dix en élémentaire, toute la journée. La réglementation nationale peut autoriser, pour certains accueils courts organisés dans le cadre d’un projet éducatif territorial, jusqu’à quatorze enfants de moins de six ans ou dix-huit enfants plus âgés par animateur.
Ces plafonds réglementaires ne disent pas combien d’enfants sont actuellement confiés à chaque animateur dans les écoles parisiennes. Le rapport ne fournit pas non plus le nombre de recrutements nécessaires ni leur coût. Il fixe cependant une direction nette : davantage d’adultes et des groupes resserrés.
Sur les qualifications, le rapport veut également resserrer les règles. La page de recrutement de la Ville indique aujourd’hui qu’un diplôme d’animation constitue un atout et qu’une équipe peut compter jusqu’à 20 % d’agents qui n’en disposent pas encore. Les parents demandent au contraire 100 % d’animateurs diplômés, avec un BPJEPS pour les titulaires et contractuels et le BAFA pour les vacataires. Ils ajoutent des formations régulières aux premiers secours, à la protection de l’enfance et aux besoins particuliers.
Le rapport reconnaît lui-même le risque : relever rapidement les exigences pourrait réduire le nombre de candidats. Paris doit donc professionnaliser un métier tout en continuant à pourvoir les créneaux morcelés du midi, des ateliers et du soir.
La convention s’inscrit dans la réponse municipale aux violences signalées dans le périscolaire. En avril, la Ville avait recensé 78 agents suspendus au premier trimestre 2026, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Elle avait reconnu des défaillances dans les procédures et annoncé un service municipal de contrôle ainsi qu’une École parisienne du périscolaire.
Le vote sur les rythmes scolaires reste moins tranché qu’il n’y paraît. Le scénario de cinq jours obtient aussi 49 % d’avis favorables lors d’un vote distinct, et le rapport constate l’absence de consensus. Les recommandations n’ont encore ni budget ni calendrier d’application publiés.
Le changement se mesurera donc moins sur un tableau de semaine qu’à 15 heures, le mardi et le vendredi : l’adulte qui prend le relais connaît-il la situation de l’enfant, a-t-il été formé et dispose-t-il d’un groupe assez petit pour réellement le voir ?
Sources consultées
- Ville de ParisRapport des membres de la convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant à l’école
- Ville de ParisActivités périscolaires : comment ça se passe ?
- Ville de ParisFocus sur les métiers de l'animation à la Ville de Paris
- Ville de ParisCommunication sur la protection et les temps de l’enfant à l’école
- LégifranceCode de l'action sociale et des familles, article R227-16