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À Franc-Nohain, Paris teste comment rafraîchir une école sans climatisation

Dans six classes du 13e, brise-soleil, brasseurs d’air et ventilation nocturne précèdent une rénovation de 22,88 millions d’euros.

Classe rafraîchie dans une école parisienne

Dans six classes exposées plein sud du groupe scolaire Franc-Nohain, Paris teste comment rendre une école des années 1950 supportable pendant les fortes chaleurs sans installer de climatisation. Brise-soleil, brasseurs d’air et ouvertures sécurisées pour ventiler la nuit y fonctionnent ensemble.

Le bâtiment de 4 000 m² cumule une structure en béton et de grandes façades vitrées. La Ville dit avoir relevé 42 °C dans sa partie non rénovée pendant la canicule de juin. Dans les salles pilotes, quatre brasseurs d’air ont été posés au plafond, les vitrages protégés du soleil et une circulation d’air traversante rendue possible pendant la nuit.

Le chiffre de 10 °C avancé par la Ville ne désigne pas une baisse générale de la température de l’air. Il s’agit du plus grand écart de température ressentie mesuré, hors canicule, entre les anciennes classes et les salles rénovées. Les brasseurs d’air procureraient à eux seuls un gain ressenti de 3 à 4 °C. L’amélioration de 50 % attribuée aux protections solaires vient, elle, d’une simulation thermique fondée sur un indicateur normalisé de confort. La Ville n’a pas publié les relevés détaillés du pilote.

Les solutions retenues correspondent aux recommandations du Cerema : bloquer le rayonnement avant qu’il ne traverse les vitres, évacuer la chaleur accumulée pendant la nuit et remettre l’air en mouvement. Leur efficacité dépend aussi des usages quotidiens dans l’école. Les protections doivent être manipulées au bon moment, les ouvertures nocturnes utilisées et le matériel entretenu. À Franc-Nohain, des affichages indiquent donc aux enseignants, animateurs et élèves les gestes à adopter.

Ces six salles précèdent un chantier d’une autre ampleur. Le Conseil de Paris a approuvé en juin 2025 la rénovation globale de l’établissement pour un montant total estimé à 22,88 millions d’euros. La Ville a choisi de conserver le bâtiment plutôt que de le démolir, tout en portant sa capacité de douze à quinze classes. Trois cours oasis, un nouveau réfectoire et une extension sont également prévus.

Les travaux doivent se dérouler de 2027 à 2029 en deux phases. Pendant le chantier, les élèves de maternelle doivent être accueillis dans d’autres écoles, tandis que les classes élémentaires occuperont alternativement les parties est et ouest du bâtiment. La livraison est annoncée pour juin 2029, avant le retour des maternelles en septembre. Le programme vise une réduction de 60 % des consommations grâce notamment à l’isolation et au raccordement au réseau de chaleur urbain. Des panneaux photovoltaïques sont aussi prévus.

Conserver l’école limite les démolitions, mais oblige à transformer un bâtiment occupé, devenu difficile à vivre en été. Le coût ne finance donc pas seulement quelques équipements de rafraîchissement : il couvre une rénovation complète, une extension et le maintien du service scolaire pendant plusieurs années.

Paris prévoit de rénover ses 631 écoles et 454 crèches d’ici 2050. La même pression s’exerce sur les logements parisiens les plus exposés à la canicule. Pour le parc scolaire, la difficulté sera de reproduire ces solutions dans des bâtiments très différents sans interrompre l’accueil des élèves.

Les prochains relevés permettront de mesurer le gain réel pendant une canicule. L’école entière, rénovée, doit être rendue à tous ses élèves en septembre 2029.

Sources consultées
  1. Ville de ParisÉcorénovation des écoles parisiennes : jusqu’à 10 degrés de moins dans une école pilote du 13e
  2. Conseil de Paris2025 DCPA 13 – Rénovation globale du groupe scolaire 9 rue Franc-Nohain
  3. SEMAPABédier-Oudiné demain
  4. CeremaAgir maintenant contre la surchauffe dans les écoles
  5. Ville de ParisLes écoles et crèches parisiennes vont être entièrement rénovées