
À terme, un directeur du périscolaire dans chaque école du premier degré, une taxe portée au plafond pour les logements vacants, 324 956 euros pour aménager trois structures de santé : le Conseil de Paris, réuni du 15 au 18 juillet, examine trois façons d’agir là où la municipalité ne maîtrise pas seule le résultat.
Paris ne peut ni fabriquer des médecins, ni remettre directement un appartement privé sur le marché. Même dans ses écoles, le temps périscolaire dépend d’équipes nombreuses et d’une organisation distincte de celle de l’Éducation nationale. La Ville agit donc sur les conditions : elle crée une autorité, modifie le coût de l’inaction ou finance les mètres carrés qui manquent.
Après les violences sexuelles révélées dans le périscolaire parisien, la première décision touche à la responsabilité dans les écoles. Le projet prévoit de créer, à terme dans chaque établissement du premier degré, une fonction de directeur ou directrice du périscolaire appartenant à un corps de catégorie A.
Cette personne encadrerait les animateurs et les autres agents placés sous son autorité. Trois sessions d’examen professionnel, de 2026 à 2028, permettraient à des responsables éducatifs Ville expérimentés d’accéder à cette fonction. Les épreuves doivent notamment porter sur la protection de l’enfance, l’encadrement, l’alerte de la hiérarchie et les relations avec les familles.
La mesure prolonge la professionnalisation recommandée par la convention citoyenne réunissant 80 parents. Le nombre de postes ouverts, leur coût et le rythme du déploiement dans les écoles ne sont toutefois pas encore indiqués. Un encadrement plus qualifié peut clarifier les responsabilités. Il ne dispense ni de former les équipes, ni de contrôler ce qui se passe sur le terrain.
Pour les logements vacants, Paris disposerait à partir de 2027 d’un levier plus contraignant : la fiscalité. La nouvelle taxe nationale sur la vacance sera perçue par les communes. La loi fixe par défaut ses taux à 17 % de la valeur locative cadastrale la première année d’imposition, puis 34 %. Le projet parisien retient les plafonds autorisés, soit 30 % puis 60 %.
La Ville avance le chiffre de 150 000 logements vacants, environ 9 % du parc parisien. Tous ne seront pas taxés. En zone tendue, le logement devra notamment être habitable, insuffisamment meublé et vacant depuis au moins un an. Des exonérations sont prévues lorsque l’inoccupation ne dépend pas du propriétaire ou lorsque le bien a été occupé plus de 90 jours consécutifs.
La mesure ne crée donc aucun logement par elle-même. Elle augmente en revanche le coût d’un appartement habitable durablement laissé hors du marché dans une ville où l’espace habitable manque. Le projet de délibération n’indique pas le nombre de biens qui seraient réellement assujettis ni la recette attendue. L’efficacité dépendra autant de l’identification des logements concernés que du taux voté.
Dans la santé, la marge d’action municipale tient souvent à une cloison, une rampe d’accès ou un loyer supportable. Le projet prévoit d’accorder 324 956 euros à trois opérations représentant ensemble un peu plus d’un million d’euros d’investissement.
La principale aide, 250 000 euros, concerne l’extension de la maison de santé Paris Lilas, à la limite des 19e et 20e arrondissements. Les 276 m² supplémentaires accueilleront sept boxes de consultation. Dix équivalents temps plein doivent rejoindre l’équipe, dont cinq généralistes et deux cardiologues déjà recrutés. Cette extension doit aussi compenser en partie la fermeture récente du centre de santé Haxo voisin.
L’une de ces décisions désigne qui commande, l’autre renchérit la vacance prolongée, la troisième transforme des locaux en capacité de soins. Leur limite est commune : la Ville peut organiser les conditions d’un service, pas garantir seule son résultat. À Paris Lilas, sept boxes de consultation doivent ouvrir en septembre, au 307 rue de Belleville.
Sources consultées
- Ville de ParisLes séances du Conseil de Paris
- Ville de Paris, Direction des affaires scolaires2026 DASCO 84, création des fonctions de directeur du périscolaire
- Ville de Paris, Direction des finances et des achats2026 DFA 29, fixation des taux de la taxe sur la vacance des locaux d’habitation
- Service PublicUne taxe unique pour les logements vacants à partir de 2027
- Ville de Paris, Direction de la santé publique2026 DSP 42, aides au développement de trois structures de santé