
La Ville de Paris renouvelle le marché des données de localisation produites par des véhicules roulant sur le réseau parisien et dans sa périphérie. Les candidats ont jusqu’au 1er septembre 2026 pour remettre leur offre.
Cette consultation arrive au terme du précédent contrat. Les données de la commande publique renseignent, pour le lot GNSS attribué à Autoroutes Trafic en octobre 2022, un montant de 800 000 euros sur 48 mois. L’avis publié cet été ne précise ni la durée ni le montant du nouveau marché. Il montre toutefois qu’il ne s’agit plus d’une expérimentation : Paris achète ce type de données depuis au moins 2018.
La capitale possède déjà son propre réseau de mesure. Des boucles électromagnétiques enfouies dans la chaussée enregistrent le passage des véhicules et l’occupation des voies sur plus de 3 000 tronçons. Elles alimentent le poste central d’exploitation Lutèce, les études de déplacement et les services d’information routière. Leur couverture a une limite simple : chaque boucle observe la circulation à l’endroit où elle a été installée.
Les données GNSS complètent cette photographie par une observation en mouvement. Un échantillon de véhicules connectés permet d’estimer les vitesses sur les itinéraires parcourus, y compris entre deux points de comptage. Paris peut ainsi suivre un ralentissement sur un axe, comparer plusieurs secteurs ou observer les effets d’une modification de circulation sans équiper chaque rue d’un nouveau capteur.
Cet usage apparaît déjà dans les chiffres publiés par la Ville. Pour son premier bilan de la zone à trafic limité de Paris Centre, instaurée en novembre 2024, les volumes de circulation provenaient des comptages municipaux, mais les vitesses étaient calculées avec les données d’Autoroutes Trafic. Les vitesses moyennes publiées sont passées de 9,5 à 11,1 km/h entre novembre 2023 et novembre 2024, puis de 8,7 à 10,1 km/h entre décembre 2023 et décembre 2024. La Ville interprète cette hausse comme une amélioration de la fluidité dans la zone.
Le dispositif repose donc sur deux dépendances différentes. Les boucles appartiennent au réseau public, mais elles coûtent à installer et à entretenir. Les véhicules sondes étendent la couverture sans ouvrir la chaussée, mais la collectivité dépend alors de l’échantillon et des traitements d’un fournisseur. Sous les rues, les boucles continueront de compter les passages. Sur les écrans du poste central Lutèce, les véhicules en mouvement compléteront la carte.
Sources consultées
- MaximilienAcquisition de données GNSS des véhicules circulant sur le réseau routier parisien
- Bulletin officiel des annonces des marchés publicsAvis d’attribution n° 18-136776
- Paris DataComptage routier, données trafic issues des capteurs permanents
- Ville de ParisBilan des déplacements à Paris en 2024
- Ministère de l’Économie et des FinancesDonnées essentielles de la commande publique, marchés