
Le Centre Pompidou cherche plusieurs prestataires pour l’aider à prévenir les risques psychosociaux. L’appel d’offres, publié le 9 juillet et divisé en six lots, doit recevoir les offres avant le 1er septembre. Son montant, sa durée et le contenu de chaque lot n’étaient pas publics au moment de notre consultation.
Ce marché intervient au début d’une période inhabituelle pour l’établissement. Le bâtiment de Beaubourg, fermé depuis le 22 septembre 2025, doit rouvrir en 2030. L’institution poursuit pendant ce temps ses expositions, ses activités de conservation, sa programmation et son administration depuis plusieurs lieux.
Le plan préparé en 2024 donne la mesure du déplacement. Le Centre employait alors 1 082 équivalents temps plein. Vingt services avaient été identifiés comme directement touchés par la fermeture. L’établissement prévoyait que 169 agents rejoindraient le Grand Palais dans le cadre d’une mise à disposition, tandis que 122 autres seraient déplacés vers des bâtiments annexes, Le Lumière ou les réserves du nord de Paris.
Cette répartition ne change pas seulement les adresses. Elle modifie les équipes, les habitudes de travail, les relations hiérarchiques et les circuits de décision. Le Centre avait d’ailleurs prévu un suivi individuel des agents et un travail collectif avec les services. Dès 2024, une cellule consacrée aux parcours professionnels avait reçu 130 agents au cours de 206 entretiens, notamment pour des questions de mobilité, de formation ou de reconversion.
La prévention des risques psychosociaux n’est pas nouvelle à Beaubourg. Un premier plan avait été lancé en 2013, puis déployé en 2015 avec l’aide du cabinet Plein Sens. Il comprenait notamment le recrutement à temps partiel d’une psychologue du travail, une procédure d’alerte, des formations au management et des actions sur la mobilité et l’accompagnement du changement.
En avril 2024, la Cour des comptes estimait cependant que ce dispositif n’était toujours pas complet et opérationnel. Le document unique d’évaluation des risques transmis par l’établissement, daté de 2019, ne recensait pas les risques psychosociaux. La Cour relevait aussi le traitement très tardif de plusieurs situations dégradées, dont deux cas de harcèlement. Le Centre répondait avoir mené des enquêtes administratives en 2023, prononcé des sanctions et engagé des actions de prévention et de sensibilisation.
Le marché de 2026 prolonge donc une démarche engagée depuis plus de dix ans, alors que la fermeture complexifie encore l’organisation du travail. Des intervenants extérieurs peuvent enquêter, former les encadrants ou accompagner les équipes. Ils ne décident toutefois ni de la charge de travail ni de la répartition des responsabilités. L’INRS recommande d’ailleurs de centrer la prévention sur le travail collectif plutôt que sur la seule prise en charge des difficultés individuelles.
Le détail des six lots, encore indisponible, devra préciser la place accordée à l’organisation du travail. Jusqu’au retour place Georges-Pompidou, le collectif devra tenir entre le Grand Palais, Le Lumière, les annexes et les réserves du nord parisien.
Sources consultées
- Centre PompidouMarchés publics et appels à concurrence
- Centre Pompidou2025-2030, le Centre Pompidou se métamorphose
- Centre PompidouBilan d’activité 2024
- Cour des comptesLa gestion du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou
- Institut national de recherche et de sécuritéPrévenir les risques psychosociaux : ce qu’il faut retenir