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À Charléty, un Mondial discret pour apprendre à jouer ensemble

Jusqu’au 11 juillet, la Coupe du monde de football unifié rassemble 24 équipes à Paris, avec des joueurs avec et sans déficience intellectuelle.

Footballeurs à Charléty

Depuis le 6 juillet, le stade Charléty accueille une Coupe du monde qui ne ressemble pas aux autres rendez-vous de football de l’été. Jusqu’au samedi 11 juillet, le 13e arrondissement reçoit la troisième édition de la Coupe du monde de football unifié Special Olympics, avec 24 équipes venues jouer sur les terrains de Charléty, du PUC, de Dalmasso et du terrain Ouest.

L’événement arrive presque à pas feutrés dans une ville qui sait pourtant faire du bruit autour du sport. La cérémonie d’ouverture a eu lieu à Charléty, les finales s’y jouent aussi, et les horaires ont été resserrés à cause de la chaleur. Dans les tribunes et autour des terrains, l’organisation annonce 324 joueurs et joueuses, 48 entraîneurs, environ 500 proches d’athlètes et plus de 450 bénévoles.

Le football unifié a une règle simple, mais elle change tout le jeu. Les équipes associent des athlètes ayant une déficience intellectuelle et des partenaires unifiés sans déficience intellectuelle. Les niveaux doivent rester comparables. Les partenaires jouent vraiment, mais ils ne doivent pas prendre le match à leur compte. La passe trop forte, l’appel oublié, la course qui isole un coéquipier : tout ce qui existe déjà dans le football ordinaire devient ici une question d’équilibre.

C’est ce qui rend ce tournoi intéressant pour Paris. Charléty ne sert pas seulement de décor international. Le stade devient pendant quelques jours un lieu où l’on voit, en crampons, ce que le mot inclusion demande quand il quitte les discours. Il faut regarder, attendre, ajuster, faire confiance. La compétition reste une compétition, avec des scores, des finales, des cérémonies et des équipes qui veulent gagner. Mais elle oblige à définir la performance autrement que par le joueur qui écrase les autres.

Cette édition est aussi une première française. Les deux précédentes Coupes du monde de football unifié avaient eu lieu aux États-Unis, à Chicago en 2018 puis à Détroit en 2022. Après les Jeux olympiques et paralympiques de 2024, Paris récupère une autre forme d’héritage sportif : moins spectaculaire, plus proche des associations, des familles et des bénévoles qui font tenir le sport adapté toute l’année.

Jacques Rivoal, président du comité local d’organisation, a résumé à l’AFP l’un des enjeux derrière la compétition : l’activité physique aide les jeunes concernés à gagner “confiance” et “autonomie”, alors que les sections de sport adapté restent encore insuffisamment développées. À Charléty, cette phrase prend une forme très ordinaire : des bancs de touche, des consignes, des encouragements, des entrées et sorties, des familles qui suivent chaque ballon.

Samedi, Charléty accueille les dernières finales, dont les finales de Division 1 masculine à 16 h et féminine à 18 h 30. L’entrée est gratuite, mais sur réservation : les spectateurs peuvent réserver leur place sur la billetterie officielle.

Pendant une semaine, sur les terrains du sud parisien, faire équipe ne consiste pas à gommer les différences, mais à jouer assez juste pour que chacun puisse rester dans le match.

Sources consultées
  1. Ville de ParisLe stade Charléty accueille la Coupe du monde de football unifié
  2. Special OlympicsSpecial Olympics Unified Football World Cup Paris 2026
  3. Fédération française de footballCoupe du monde unifiée : les résultats
  4. Handicap.fr / AFPHandicap mental: Paris accueille le Mondial du foot inclusif
  5. FeverCoupe du Monde de Football Unifié Special Olympics Paris 2026