
À Notre-Dame, la suite du chantier ne se joue pas seulement dans les pierres du chevet ou les vitraux déposés en atelier. Elle se joue aussi dans les grues, les véhicules avec chauffeur, les bons de commande et les créneaux de manutention qui permettent de travailler autour d’un monument rouvert au culte et aux visiteurs.
Un avis de marché publié le 9 juillet 2026 lance le lot 2D de l’installation de chantier de la phase 3, consacré aux moyens de levage. L’acheteur est l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le marché porte sur la location de véhicules industriels avec chauffeur, la location de grues avec opérateur et des matériaux de construction divers. Il s’agit d’un accord-cadre à bons de commande, sans minimum, plafonné à 2,8 millions d’euros HT sur toute sa durée. La durée initiale est de vingt-quatre mois, avec deux reconductions possibles d’un an. Les offres doivent être déposées avant le 24 août 2026 à 14 heures.
Ce lot ne restaurera pas une sculpture ni une verrière. Il aide pourtant à comprendre la nouvelle vie du chantier. Depuis la réouverture de décembre 2024, Notre-Dame n’est plus un bâtiment fermé autour d’une urgence nationale. C’est une cathédrale en activité, sur l’île de la Cité, avec ses offices, ses visiteurs, ses abords étroits, ses échafaudages et ses entreprises qui doivent se succéder sans transformer chaque opération en blocage complet.
La phase 3 porte justement sur ce temps plus long. La Ville de Paris indique que les travaux en cours ou à venir concernent notamment le chevet, ses 22 arcs-boutants, les vitraux des tribunes du chœur, les trois grandes roses, les façades nord et sud de la nef, l’extérieur des tours, les chimères et le presbytère, avec un horizon de restauration complète autour de 2032-2033. De nouveaux échafaudages entourent déjà le chevet, où certains arcs-boutants doivent être restaurés et d’autres reconstruits selon l’état de la pierre.
Le nouveau marché de levage s’insère dans cette mécanique. Lever, déplacer, approvisionner, déposer, protéger : ces gestes ne se voient pas toujours depuis le parvis, mais ils conditionnent le rythme du chantier. Sur un site aussi contraint, le coût n’est pas seulement celui de l’objet restauré. Il tient aussi aux infrastructures provisoires, aux accès, aux installations, au nettoyage, aux mesures liées au plomb et à l’amiante, à la coordination entre entreprises et à la sécurité d’un édifice redevenu fréquenté.
La Cour des comptes avait déjà relevé, dans son troisième bilan, que les travaux de réouverture avaient tenu leur calendrier et leur budget, mais aussi que la poursuite du chantier après la réouverture créait une situation particulière : travaux et fonctionnement ordinaire doivent cohabiter. C’est précisément ce que raconte un accord-cadre de levage. Il ne décide pas quelle sculpture sera reprise ni quelle rose sera restaurée en premier. Il donne au chantier la capacité de le faire, au bon moment, sans repartir de zéro à chaque besoin.
Après l’article consacré à la restauration côté sacristie, ce nouveau lot montre une autre part de la phase 3 : l’organisation quotidienne d’un chantier patrimonial qui se poursuit après l’événement de la réouverture. Sur le chevet, rue du Cloître-Notre-Dame et autour du parvis, ce sont les marchés, les grues et les échafaudages qui resteront visibles dans les prochains mois.
Sources consultées
- BOAMPAvis n°26-67878, Cathédrale Notre-Dame de Paris, opération de restauration phase 3, installation de chantier, lot 2D : moyens de levage
- Ville de ParisNotre-Dame de Paris : les trois grandes roses
- Cour des comptesNotre-Dame-de-Paris Cathedral construction site, third assessment, summary
- BatiwebNotre-Dame de Paris : un nouveau programme de restauration jusqu’en 2033