Depuis février 2026, l’hôpital Rothschild AP-HP, dans le 12e arrondissement, signale un parcours de soins en odontologie dédié aux enfants placés à l’aide sociale à l’enfance. Le dispositif s’inscrit dans une convention entre l’association Asterya et l’AP-HP.
Pour un enfant confié à l’ASE, accéder au soin ne dépend pas seulement de l’existence d’un médecin. Il faut qu’un besoin soit repéré, qu’un adulte puisse organiser le rendez-vous, que le dossier suive, que le soin ne se perde pas entre deux lieux d’accueil. Une carie, un traumatisme dentaire ou une douleur de bouche deviennent vite autre chose qu’un petit problème quand le parcours de vie est déjà morcelé.
Rothschild apporte ici un plateau spécialisé. Son service d’odontologie dispose de 55 fauteuils, d’une unité de radiologie, d’un laboratoire de prothèses et de soins dédiés aux enfants et adolescents. Il traite les maladies carieuses, les maladies parodontales, les soins conservateurs, l’endodontie, les prothèses et plusieurs consultations spécialisées. Ce n’est donc pas un simple guichet ajouté: c’est une capacité hospitalière existante mise au service d’un public pour lequel l’accès ordinaire aux soins peut décrocher.
L’autre pièce du dispositif se trouve à quelques rues, avenue du Docteur-Arnold-Netter. Asterya, ouvert fin 2025 dans une ancienne école maternelle du 12e arrondissement, est présenté par l’AP-HP comme le premier centre de santé français entièrement consacré aux enfants confiés à l’ASE. Rattaché à Necker, il fonctionne comme un hôpital de jour et vise, à terme, le suivi d’environ 2 000 enfants franciliens par an. Son rôle est de poser un bilan de santé à l’entrée dans la protection de l’enfance, puis de construire un parcours somatique, psychique et éducatif dans la durée.
Le lien avec Rothschild donne une traduction concrète à cette logique. Asterya repère et coordonne; Rothschild prend le relais sur une spécialité où les retards se paient en douleur, en infections et en soins plus lourds. Le nombre de créneaux réservés, le coût propre du parcours et le circuit précis d’orientation n’ont pas été publiés. Cette absence empêche de mesurer sa portée immédiate, mais pas son intérêt de système: faire passer un enfant placé d’un besoin constaté à un rendez-vous spécialisé sans repartir de zéro à chaque étape.
La Drees recensait fin 2024 près de 392 600 enfants et jeunes de moins de 21 ans bénéficiant d’au moins une mesure d’ASE en France, dont 224 700 accueillis hors de leur milieu de vie habituel. Les dépenses de protection de l’enfance atteignaient 11,7 milliards d’euros, principalement portées par les mesures d’accueil. L’argent finance la protection, mais la continuité du soin demande aussi des lieux qui se parlent.
À Paris, ce parcours dentaire ne règle pas la crise de l’ASE. Il montre une méthode plus précise: adosser un centre dédié aux enfants protégés à un service hospitalier capable de traiter une spécialité. Pour les enfants concernés, le résultat se jouera dans un endroit très ordinaire et très décisif: le fauteuil dentaire de Rothschild, rue Santerre.
Sources consultées
- AP-HPÀ l'hôpital Rothschild AP-HP, un parcours de soins en odontologie dédié aux enfants placés
- AP-HPService d’Odontologie - Hôpital Rothschild
- Hôpital Necker-Enfants malades AP-HPCentre d’appui à l’enfance ASTERYA
- DreesL'aide sociale à l'enfance. Bénéficiaires, mesures et dépenses départementales associées - Édition 2026