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Canicule: ce que la chaleur fait au 15 et aux urgences de l’AP-HP

Pendant la canicule, les urgences adultes de l’AP-HP ont frôlé les 3 000 passages par jour et les Samu-Centre 15 ont dépassé 5 200 dossiers.

Urgences hospitalières en période caniculaire

L’AP-HP a publié ses chiffres de tension pendant la canicule en Île-de-France. Les 26 et 27 juin, ses urgences adultes ont frôlé les 3 000 passages en 24 heures, soit 36 % de plus qu’une journée normale. Dans le même temps, les quatre Samu-Centre 15 de l’AP-HP, ceux de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, ont atteint plus de 5 200 dossiers de régulation médicale le 26 juin, puis 5 200 le lendemain.

Pour Paris, ce n’est pas la suite administrative des mesures déjà prises lors de la vigilance rouge canicule. C’est la partie hospitalière de l’épisode: celle qui commence par un appel, passe par une décision d’orientation, puis finit parfois par une hospitalisation. Avant même la salle d’attente, la chaleur arrive au 15.

La montée a été rapide. L’Île-de-France est passée en vigilance rouge à partir du 21 juin. Le 25 juin, le niveau 3 du dispositif Orsan a été déclenché. Le 26 juin, l’ARS Île-de-France a déclenché le plan blanc à l’échelle régionale, tandis que l’AP-HP l’activait dans ses 38 établissements. Ce mécanisme augmente temporairement la capacité de réponse, mais il le fait par arbitrage: renforts dans les services les plus sollicités, redéploiements, premières déprogrammations ciblées, report de certaines activités pour libérer des capacités d’hospitalisation.

Les plus âgés concentrent une partie de cette pression. Le 27 juin, les plus de 75 ans représentaient 23,4 % des passages adultes aux urgences de l’AP-HP. Le taux d’hospitalisation restait autour de 20 % tous patients confondus, mais plus d’un patient de plus de 75 ans sur deux était hospitalisé après son passage. Le 29 juin, cette proportion atteignait 60 % pour cette tranche d’âge.

La canicule ne remplit donc pas seulement les urgences avec des coups de chaud spectaculaires. Elle aggrave des fragilités, notamment cardiaques ou respiratoires, parfois plusieurs jours après le début de l’épisode. Santé publique France observait déjà, au niveau national, une hausse des passages aux urgences pour hyperthermie, déshydratation et hyponatrémie depuis le 16 juin, avec une nette accélération le 22 juin.

Cette mécanique donne une image assez précise de ce qu’est l’hôpital public parisien en période de choc climatique. L’AP-HP n’est pas seulement une addition d’hôpitaux: c’est une infrastructure de tri, de soins et de lits, reliée à la petite couronne par ses Samu et ses services d’urgences. Quand la ville chauffe plusieurs jours et plusieurs nuits, les logements, les rues, les maladies chroniques et l’âge finissent par se traduire en appels, en passages, en décisions médicales et en places à trouver.

La baisse observée le 29 juin, avec plus de 2 550 passages adultes et 4 430 dossiers de régulation en 24 heures, ne ramène pas encore le système à la normale. Elle montre surtout ce que le plan blanc permet de tenir: une organisation sous tension, où chaque lit libéré et chaque appel régulé comptent dans les urgences de l’AP-HP.

Sources consultées
  1. AP-HPCanicule en Île-de-France: point de situation sur les activités des services d’urgences et SAMU / centres 15 de l’AP-HP
  2. AP-HPCanicule: l’AP-HP active son plan blanc pour renforcer la prise en charge des patients
  3. AP-HPUrgences
  4. Santé publique FranceCanicule et santé en France. Bulletin du 24 juin 2026