Article

À Paris, protéger les oiseaux passe aussi par l’entretien des jardins

La Ville renouvelle son partenariat avec la LPO : 34 espaces verts seront accompagnés comme refuges, avec un effet sur l’entretien quotidien.

Oiseau dans un jardin parisien

Paris renouvelle son partenariat avec la Ligue pour la protection des oiseaux. Pour la période 2025-2027, 34 espaces verts municipaux doivent être accompagnés comme « Refuges LPO », contre 28 sites labellisés depuis l’entrée de la Ville dans le dispositif en 2019.

Le budget annoncé pour 2025 reste limité : 20 000 euros. Il finance quatre volets : le suivi des squares et jardins labellisés, l’étude du moineau domestique, l’Atlas des oiseaux nicheurs du Grand Paris pour 2025-2028, et des conseils sur la biodiversité urbaine, y compris lorsque des habitants trouvent un oiseau blessé ou en danger.

Dans une ville dense, la biodiversité ne dépend pas seulement des grands parcs ou des bois. Elle tient aussi à des décisions ordinaires : quand tailler, quelle hauteur de végétation laisser, où préserver une zone calme, comment éviter de détruire un nid, comment expliquer aux usagers qu’un massif moins net peut être un habitat plutôt qu’un défaut d’entretien.

La LPO apporte à ces jardins un suivi faunistique et floristique, puis des préconisations aux gestionnaires. Le label n’est donc pas seulement une plaque à l’entrée d’un square. Il sert à relier l’observation du vivant aux pratiques des jardiniers municipaux. Paris avait déjà engagé cette bascule avec la gestion écologique de ses espaces verts : abandon des produits chimiques, attention portée aux sols, aux consommations d’eau, aux déchets verts et au calendrier des interventions. Le partenariat avec la LPO ajoute une couche naturaliste à cette mécanique publique.

Le moineau domestique montre pourquoi cette approche de détail compte. Paris déploie depuis 2021 des « Quartiers Moineaux » avec la LPO, après un effondrement estimé à plus de 80 % des moineaux parisiens depuis les années 2000. La convention indique que 13 quartiers ont déjà été accompagnés. Là encore, il ne suffit pas de poser quelques nichoirs : l’oiseau a besoin de cavités, de végétation, d’insectes, de graines, de coins où la ville lui laisse assez de place pour vivre.

L’Atlas des oiseaux nicheurs du Grand Paris donnera une autre échelle à ce travail. Les observations doivent couvrir 200 mailles franciliennes, dont 36 parisiennes, avec des points d’écoute et des relevés répétés. Cette connaissance peut ensuite aider à préparer des chantiers sans détruire des sites de nidification.

La liste consolidée des 34 sites n’a pas été retrouvée dans les documents consultés. Mais le sens de la convention est clair : à Paris, un espace vert n’est plus seulement un lieu de promenade, de propreté et d’ombre. C’est aussi un morceau de réseau écologique. La différence se joue dans des gestes peu spectaculaires, au bord d’une haie, d’une pelouse ou d’un nid que l’on sait désormais regarder avant d’intervenir.

Sources consultées
  1. Conseil de Paris / Direction des Espaces Verts et de l’Environnement2025 DEVE 49, subvention à la Ligue de protection des oiseaux Île-de-France et convention pluriannuelle d’objectifs
  2. Conseil de Paris / Direction des Espaces Verts et de l’Environnement2019 DEVE 7, labellisation d’espaces verts parisiens en refuges LPO
  3. Ville de ParisDécouvrez le nouveau Plan Biodiversité
  4. Ville de ParisFaire revenir les moineaux à Paris, c’est possible !