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À Paris, l’IA hospitalière passe par le bureau des achats

Le RESAH lance un marché pour une solution de gestion du parcours patient intégrant de l’IA, entre lits, admissions, sorties et coordination.

IA hospitalière et parcours patient

Un avis publié au BOAMP place un sujet très hospitalier dans les mains d’un acheteur parisien : le RESAH cherche une solution globale de gestion du parcours patient « de bout en bout », intégrant des modules basés sur des systèmes d’IA. Depuis son siège de la rue Brahms, dans le 12e arrondissement, la centrale d’achat organise une mise en concurrence autour d’une question que les hôpitaux connaissent déjà : comment rendre visible un parcours qui se casse souvent entre l’admission, le lit disponible, l’examen, la sortie et le retour à domicile.

Le mot « parcours » peut sembler tiède. Il désigne pourtant une mécanique sensible. Un patient qui attend aux urgences parce qu’un lit n’est pas libéré. Une sortie retardée faute de relais en ville. Une hospitalisation à domicile qui suppose de coordonner médecin, infirmiers, matériel et informations. La HAS rappelle depuis longtemps que la sortie d’hospitalisation conditionne la continuité des soins et peut éviter des réhospitalisations. Les travaux de l’ANAP sur la gestion des lits relient déjà cette question à l’ensemble du parcours, de la préadmission à l’aval de l’hôpital.

Dans ce type d’outil, l’IA vaut surtout par ce qu’elle rend repérable. Elle peut aider à identifier des blocages, prioriser des dossiers, automatiser des tâches administratives, anticiper des tensions sur les ressources ou produire une meilleure vue d’ensemble pour les équipes. Elle ne remplace ni le médecin, ni l’infirmière de coordination, ni le cadre qui arbitre avec les services. Elle transforme plutôt une masse d’informations dispersées en signaux exploitables.

Le marché du RESAH arrive dans un moment où l’IA n’est déjà plus une curiosité hospitalière. Selon le baromètre de la Fédération hospitalière de France cité par la HAS et la CNIL, 65 % des établissements publics interrogés utilisaient déjà l’IA en routine en 2025, et 90 % prévoyaient de nouveaux projets dans un délai d’un à trois ans. L’écart se situe moins entre l’hôpital sans IA et l’hôpital avec IA qu’entre des usages dispersés et des usages encadrés.

Le RESAH avance justement sur ce terrain. Sa centrale d’achat revendique 4 500 adhérents, plus de 6 000 marchés et 3,3 milliards d’euros d’achats en 2025. Elle propose déjà ALIAS, une offre d’achat de logiciels d’intelligence artificielle en santé, sous forme de système d’acquisition dynamique. Elle a aussi lancé un marché distinct pour une plateforme de contrôle et de suivi de la conformité des systèmes d’IA. Ces briques disent quelque chose de la maturité du sujet : l’innovation ne se joue pas seulement dans le modèle algorithmique, mais dans la capacité à l’acheter, l’intégrer, l’auditer et l’arrêter si besoin.

Les sources accessibles ne donnent pas le détail fonctionnel complet du nouveau marché ; elles ne permettent pas d’en déduire un effet mesuré sur les délais, les sorties ou la coordination ville-hôpital.

Dans l’hôpital, le progrès numérique le plus utile n’a pas toujours l’allure d’un robot. Il ressemble parfois à un tableau de bord bien branché, à une alerte envoyée au bon moment, à une sortie préparée avant midi plutôt qu’à 17 heures. À Paris, rue Brahms, cette promesse passe maintenant par un cahier des charges.

Sources consultées
  1. BOAMPSolution globale de gestion du parcours patient de bout en bout, intégrant des modules basés sur des systèmes IA
  2. RESAHCentrale d’achat
  3. RESAH Espace acheteurALIAS : Achats de Logiciels d’Intelligence Artificielle en Santé
  4. CNILIA et santé : la HAS et la CNIL lancent une consultation publique sur un projet de guide
  5. Revue hospitalière de FranceQuels usages de l’IA dans les établissements publics de santé ?
  6. Haute Autorité de santéSortie d’hospitalisation : continuité des soins et sécurité du patient