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À Paris, le verre se joue encore au pied des immeubles

La Ville remet en concurrence la collecte du bac blanc, une tournée hebdomadaire qui reste décisive pour le tri du verre à Paris.

Bac blanc dans une rue parisienne

La Ville de Paris remet en concurrence la collecte du verre en porte à porte, celle des bacs blancs d’immeuble. L’appel d’offres, publié le 26 juin, découpe le service en trois lots ; les entreprises candidates peuvent répondre sur le profil acheteur Maximilien jusqu’au 15 septembre à midi.

Le marché ne crée pas un nouveau service. Il remet en jeu une routine discrète : une fois par semaine, bouteilles, pots et bocaux quittent les locaux poubelles avant de rejoindre une benne. Le détail accessible de la consultation ne donne pas encore la carte précise des lots ni l’estimation financière du contrat, mais l’ordre de grandeur du système est connu. Le budget primitif 2026 de la Ville inscrit 11,1 millions d’euros pour la collecte du verre, dans un poste de 108,5 millions d’euros consacré à la collecte des déchets.

Paris ne manque pourtant pas de dispositifs. En 2024, la Ville recensait 85 521 bacs pour les emballages en verre, 418 stations Trilib’ et 1 017 colonnes à verre dans l’espace public. Le bac blanc n’est donc pas seul. Il cohabite avec l’apport volontaire, utile quand les immeubles sont mal dotés ou quand le passage par la rue est plus simple que le local poubelle.

Mais le porte à porte garde une fonction que les colonnes ne remplacent pas totalement : il rapproche le tri du dernier mètre parisien. Dans une ville de cages d’escalier, de cours étroites, de gardiens, de syndics, de commerces et de trottoirs chargés, l’écologie du verre passe par des gestes très ordinaires. Sortir le bon bac. Le rentrer au bon moment. Ne pas glisser la bouteille dans le vert quand le blanc déborde.

Or les chiffres montrent que cette proximité ne suffit pas. En 2024, 71 214 tonnes d’emballages en verre ont été collectées, soit une baisse de 3,5 % pour la deuxième année consécutive. Le taux de captation du gisement atteint 59 %, loin de l’objectif municipal de 75 % en 2030. Le verre représente encore 6,9 % des ordures ménagères résiduelles, avec une hausse évaluée à près de 5 000 tonnes. Dit autrement : une partie du verre est déjà dans la ville, déjà recyclable, déjà équipée pour être triée, mais finit encore dans le mauvais flux.

La suite du trajet rappelle aussi que le recyclage parisien n’est pas une boucle fermée dans Paris. Une fois collecté, le verre passe par des centres de transfert à Villeneuve-la-Garenne, Bobigny ou Alfortville, avant d’être préparé pour les filières de recyclage. Le geste commence au pied d’un immeuble du 11e, du 15e ou du 20e ; la matière, elle, circule ensuite dans une chaîne francilienne puis industrielle.

Le marché sert d’abord à maintenir une tournée sans laquelle le bac blanc perdrait son rôle. Il ne réglera pas seul la baisse du tri, mais sans lui le verre se perdrait davantage dans la poubelle ordinaire. Pour Paris, la bataille du verre ne se gagne pas seulement avec des objectifs 2030. Elle se joue chaque semaine dans un local poubelle, au moment où une bouteille vide quitte l’immeuble pour le bon camion.

Sources consultées
  1. Maximilien, portail des marchés publics franciliensDétail de la consultation 2600785, Collecte du verre en porte à porte en 3 lots
  2. Ville de ParisLa collecte des déchets ménagers
  3. Ville de ParisRapport annuel 2024 sur le prix et la qualité du service public de prévention et de gestion des déchets ménagers et assimilés
  4. Ville de ParisBudget primitif 2026, rapport de présentation
  5. Ville de ParisProgramme local de prévention des déchets ménagers et assimilés 2024-2030