Près de Nation, l’avenue de Bouvines a perdu son ancien parking devant les écoles. Face à l’école élémentaire au numéro 4 et à la maternelle au numéro 6, la rue est devenue une rue aux écoles végétalisée, avec 1 537 m² de jardin, 43 arbres plantés, une aire de jeux de 600 m², une fontaine à eau, 32 arceaux vélos et des contre-allées piétonnisées.
Ce n’est pas une simple rue apaisée. À Bouvines, Paris a choisi une transformation complète : pas seulement interdire ou ralentir la voiture devant les établissements, mais refaire le sol, les traversées, les plantations et les usages. Le contrat de travaux attribué par la SPL PariSeine s’élève à 2 480 545,27 euros, pour une opération de terrassement et d’aménagement paysager confiée au groupement Cochery Île-de-France et Parcs et Jardins Frasnier.
Le calendrier dit bien l’épaisseur du chantier. Une consultation publique a eu lieu en 2022, une première étape d’aménagement a suivi en 2023, puis les travaux ont démarré le 25 août 2025. Le jardin a été ouvert et présenté au public en juin 2026, tandis que des finitions d’aménagement et de nouvelles plantations restent annoncées jusqu’au premier trimestre 2027.
Bouvines s’inscrit dans un programme parisien beaucoup plus large. À la rentrée 2025, la Ville comptait plus de 300 rues aux écoles apaisées, dont environ 100 aménagées et végétalisées. La plupart répondent à une même idée : sécuriser les abords des écoles, réduire l’exposition des enfants au trafic et rendre à la rue une fonction de séjour, pas seulement de passage.
Mais toutes les rues aux écoles ne demandent pas le même effort. Certaines reposent sur une barrière, une piétonnisation partielle ou une circulation limitée au pas. D’autres, comme Bouvines, deviennent de petits équipements publics à ciel ouvert. La rue garde les contraintes ordinaires d’une ville dense : accès riverains, secours, livraisons ponctuelles, stationnement supprimé, entretien des massifs, protection des jeunes plantations. Le choix consiste à dire que, devant une école, ces contraintes doivent désormais s’organiser autour des enfants, des piétons et de l’ombre, plutôt que l’inverse.
Le résultat local est facile à comprendre. Entre la place de la Nation et la rue de Montreuil, l’avenue n’est plus seulement un bord d’école. Elle devient un endroit où l’on attend, où l’on traverse plus lentement, où les enfants peuvent jouer après la classe, où les arbres et les sols plantés rendent la rue plus habitable.
La décision coûte cher, mais elle correspond au choix fait. Pour transformer durablement une rue, il faut autre chose qu’un panneau et de bonnes intentions : il faut refaire le sol, planter, poser du mobilier, laisser passer les secours et prévoir l’entretien. À Bouvines, la rue aux écoles n’est plus seulement une consigne de circulation. Elle devient un morceau de ville construit autour de l’école.
Sources consultées
- Ville de ParisÀ Nation, l'avenue de Bouvines transformée en jardin
- Mairie du 11e arrondissementL'avenue de Bouvines devient une "Rue aux Écoles"
- France Marchés / BOAMPAvis d’attribution de marché - Avis n° 25-86772 du 29/07/2025
- Ville de ParisPlus de 300 « rues aux écoles » dans Paris
- SPL PariSeineRues aux enfants