À la Tour Eiffel, les souvenirs vendus après la visite repartent en concession. La Société d’exploitation de la Tour Eiffel a ouvert une consultation pour les boutiques du monument, du parvis, des autres lieux gérés par la SETE et de la boutique en ligne officielle. Les offres doivent être remises avant le 7 septembre 2026 à midi.
Le contrat ne concerne pas seulement des miniatures métalliques et des cartes postales. Le futur concessionnaire devra commercialiser, sur place et en ligne, des articles destinés aux visiteurs : papeterie, livres, cartes postales, objets de table ou de maison, mode, accessoires, confiserie, épicerie sans consommation sur place, gadgets et souvenirs. Une partie des produits devra être vendue sous licence officielle des marques détenues par la SETE. Des services liés au souvenir, comme la photographie ou des expériences immersives, pourront aussi entrer dans le périmètre.
L’activité boutiques n’est pas un détail de sortie de visite. En 2025, la SETE affiche 6,744 millions de visiteurs, 160,27 millions d’euros de produits d’exploitation, dont 156,76 millions d’euros de chiffre d’affaires, et 45,63 millions d’euros de redevance versée à la Ville de Paris. La société présente aussi la Tour Eiffel comme l’un des rares monuments français non subventionnés. Dans ce modèle, chaque recette annexe compte.
L’activité actuelle donne l’ordre de grandeur. Les boutiques ont été confiées depuis 2019 à LxA, société issue de Lagardère Travel Retail France et Arteum. En 2024, leur chiffre d’affaires a atteint 18,5 millions d’euros hors taxes, contre 16,8 millions en 2023. À côté de la billetterie, ce n’est pas le cœur du moteur. Mais ses 18,5 millions d’euros en font une recette trop importante pour être traitée comme une simple caisse de sortie.
Le système est très parisien, et très concret. La Ville possède la Tour. La SETE, société publique locale détenue à 99 % par la Ville de Paris et à 1 % par la Métropole du Grand Paris, l’exploite dans le cadre d’une délégation de service public jusqu’en 2031. Elle emploie environ 402 salariés, mais près de 600 personnes font vivre la Tour au quotidien, en comptant les concessionnaires et sous-occupants. Les boutiques ne décident pas de l’avenir du monument, mais elles font partie de son fonctionnement quotidien.
La marge de manœuvre est délicate. Si Paris pousse trop loin la logique commerciale, le monument risque de ressembler à une galerie de souvenirs au-dessus du Champ-de-Mars. Si l’offre est trop pauvre, la Tour laisse filer une recette utile et une partie de son image officielle à des produits moins maîtrisés. La concession sert donc à choisir un exploitant, mais aussi une forme de souvenir acceptable pour un monument public mondial.
La prochaine étape est administrative : choisir l’opérateur après la remise des offres du 7 septembre. Le résultat, lui, se verra dans un geste très ordinaire : ce que des millions de visiteurs pourront acheter, emporter ou commander après être passés par la Tour Eiffel.
Sources consultées
- BOAMPConcession de service portant sur l’exploitation des boutiques de la Tour Eiffel et activités annexes
- achatpublic.comConcession de service portant sur l’exploitation des boutiques de la Tour Eiffel - Pré Info
- Société d’exploitation de la Tour EiffelLa SETE : l’entreprise qui gère la tour Eiffel
- Société d’exploitation de la Tour EiffelDonnées financières
- PappersSETE - Société d’exploitation de la Tour Eiffel - Comptes sociaux 2024