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À Paris, la Seine se nettoie aussi depuis l’eau

Le bateau Anita Conti intervient sur les quais bas que les véhicules ne peuvent pas atteindre, au moment où la Seine redevient un espace très fréquenté.

Bateau de nettoyage sur la Seine

À Paris, certains quais de Seine ne se nettoient pas depuis la rue. Autour de l’île de la Cité, de l’île Saint-Louis ou des berges historiques, les parties basses sont parfois trop étroites, trop proches de l’eau ou coupées par des escaliers pour les véhicules classiques. La Ville y envoie donc un bateau : l’Anita Conti.

Le bateau n’est pas une nouveauté lancée en 2026. Il avait déjà servi avant la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de 2024, notamment pour effacer des graffitis visibles depuis le fleuve. Sa remise en avant dit autre chose : la Seine est désormais traitée comme un espace public à part entière. On ne se contente plus de la regarder depuis les ponts. On y marche, on s’y attarde, on y organise des événements et l’on y prépare, de nouveau, des baignades estivales.

L’Anita Conti mesure 12 mètres. Il embarque quatre agents de la direction de la Propreté et de l’Eau, dont deux titulaires du permis fluvial pour le manœuvrer. Selon la Ville, le bateau intervient le mardi, le mercredi et le jeudi afin de couvrir le secteur non carrossable confié à la circonscription Fonctionnelle, l’unité spécialisée de la propreté parisienne. Cette équipe compte 350 agents et travaille 24 heures sur 24 sur les lieux qui demandent des moyens particuliers : grands événements, périphérique, berges, urgences et zones difficiles d’accès.

La méthode est peu spectaculaire, mais elle répond à un vrai problème d’accès. Une équipe terrestre ramasse d’abord les déchets. Depuis le bateau, les agents déploient ensuite une lance pouvant atteindre 80 mètres, alimentée par l’eau de la Seine. La pompe donne assez de débit pour laver les salissures laissées sur les quais. Le bateau dispose aussi d’une grue hydraulique pour charger du matériel, transporter des sacs de feuilles ou retirer des troncs après une crue. Il peut embarquer un aérogommeur pour traiter les tags posés au ras de l’eau.

Ce bateau montre une contrainte très parisienne : les berges les plus fréquentées sont parfois les moins faciles à entretenir. Une rue se lave avec une benne, une laveuse et une équipe au sol. Un quai bas demande une autre organisation, des horaires très matinaux, une coordination entre agents à terre et agents embarqués, et une attention constante à la fréquentation du fleuve.

Cette organisation devient plus visible avec l’été 2026. Les trois sites de baignade en Seine, dans le bras Marie, le bras de Grenelle et à Bercy, doivent ouvrir du 4 juillet au 30 août, sous réserve des conditions de sécurité, de météo, de courant et de qualité de l’eau. VNF prévoit aussi des restrictions de navigation selon les sites et les horaires. La Seine baignable ne dépend donc pas seulement d’analyses sanitaires : elle suppose des berges praticables, des usages réglés et une propreté quotidienne dans des endroits où les machines de rue ne passent pas.

L’Anita Conti ne transforme pas à lui seul l’état du fleuve. Il révèle plutôt la main-d’œuvre discrète derrière une Seine redevenue très fréquentée. Au petit matin, avant les promeneurs, les terrasses et les baigneurs, une partie de cette promesse tient dans un bateau de 12 mètres, une pompe, une lance et quatre agents au ras des quais.

Sources consultées
  1. Ville de ParisPropreté : l’Anita Conti, un bateau à l’abordage des lieux inaccessibles sur la Seine
  2. Ville de ParisLa propreté parisienne a son unité d’élite
  3. Ville de ParisToutes les questions que vous vous posez sur la baignade dans la Seine
  4. Voies navigables de FranceOuverture de sites de baignade à Paris : conditions de navigation à l’été 2026