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À Lariboisière, une plateforme pour lire les traces biologiques du cerveau

Inaugurée le 17 juin 2026, la plateforme NULISA donne à Lariboisière un outil rare pour étudier des protéines liées aux troubles du cerveau et des sens.

Illustration d’une plateforme de protéomique

À l’hôpital Lariboisière - Fernand-Widal AP-HP, l’innovation tient dans une question de seuil. Le 17 juin 2026, l’AP-HP, l’Institut reConnect et le biocluster Brain&Mind y ont inauguré une plateforme clinique de protéomique ultra-sensible NULISA, installée pour mieux analyser les biomarqueurs de patients atteints de troubles neurologiques, psychiatriques ou sensoriels.

La protéomique observe les protéines présentes dans un échantillon biologique. Pour les maladies du cerveau, c’est un terrain difficile. Le sang est facile à prélever, mais les protéines qui peuvent renseigner sur l’inflammation, la dégénérescence neuronale, les synapses ou les vaisseaux y circulent parfois à des niveaux extrêmement faibles. Le liquide céphalorachidien peut être plus directement informatif, mais son prélèvement est plus invasif. Entre l’examen d’un patient et la découverte d’un biomarqueur fiable, une partie du blocage est donc très matérielle : il faut réussir à mesurer des traces minuscules, dans peu d’échantillon, sans les noyer dans le bruit biologique.

La plateforme NULISA répond à ce verrou par un profilage multiplexé, c’est-à-dire la mesure simultanée de nombreuses protéines de faible abondance. Selon le communiqué de l’AP-HP, elle s’appuie sur un procédé de capture et de libération d’immunocomplexes, couplé au séquençage de nouvelle génération, pour quantifier des centaines de protéines à partir de faibles volumes. Une publication technique sur NULISA décrit la même logique : rendre visibles des protéines difficiles à détecter dans les approches classiques, notamment dans le sang.

À Lariboisière, cela ne transforme pas l’hôpital en comptoir de tests prédictifs pour les patients. Les panels NULISA commercialisés par Alamar sont indiqués pour la recherche, non pour des procédures diagnostiques. L’outil servira d’abord à suivre des profils biologiques dans des cohortes cliniques, des études longitudinales et des échantillons précieux comme le plasma ou le liquide céphalorachidien.

Le site n’a pas été choisi au hasard. L’Institut reConnect, porté par l’Institut de l’Audition avec l’AP-HP, l’Inserm, Université Paris Cité, la Fondation Pour l’Audition et l’Institut Pasteur, travaille sur les troubles de l’audition et de la parole, avec des prolongements neurologiques et cognitifs. Brain&Mind, biocluster français consacré aux maladies neurologiques, psychiatriques et aux déficiences sensorielles, finance l’acquisition de la plateforme et un technicien dédié pour deux ans. L’outil doit fonctionner comme infrastructure mutualisée, avec un accès prioritaire pour les projets de reConnect et de Brain&Mind, puis des collaborations académiques et industrielles.

Quelques semaines après un précédent article sur les préparatifs techniques du Nouveau Lariboisière, le même hôpital donne une autre image de sa transformation. Les prises, les fluides et les réseaux font tenir un bâtiment hospitalier. Ici, le travail descend au niveau des molécules. Dans une salle de plateforme, à Lariboisière, une partie de la médecine de précision commence par une opération discrète : apprendre à lire ce qui était trop faible pour être vu.

Sources consultées
  1. AP-HPInauguration d'une plateforme clinique de protéomique ultra-sensible à l'hôpital Lariboisière - Fernand-Widal AP-HP
  2. AP-HPL’Institut reConnect, l’AP-HP et le biocluster Brain&Mind inaugurent une plateforme clinique de protéomique ultra-sensible à l'hôpital Lariboisière - Fernand-Widal AP-HP
  3. Nature CommunicationsNULISA: a proteomic liquid biopsy platform with attomolar sensitivity and high multiplexing
  4. Alamar BiosciencesNULISAseq™ Multiplex Panels
  5. Brain&MindBrain&Mind: Fabrique de Solutions en Neurosciences
  6. Institut reConnectL’Institut