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Avant Bercy, le sumo est passé par le préau des Vertus

Deux rikishi japonais ont rencontré les élèves de l’école des Vertus avant le Tournoi de Paris de Sumo à l’Accor Arena.

Rikishi dans un préau parisien

Vendredi 12 juin, le sumo n’est pas d’abord arrivé à Paris par les gradins de l’Accor Arena. Il est passé par le préau de l’école élémentaire des Vertus, à Paris Centre, devant une centaine d’élèves qui ont accueilli deux rikishi japonais par un grand “Konnichiwa”.

Abi Masatora et Wakamotoharu venaient participer au Tournoi de Paris de Sumo, organisé les 13 et 14 juin à Bercy. Avant la salle, les lumières et les combats, ils ont reçu des cadeaux d’enfants, un poème de Jacques Prévert recopié à la main, puis une chanson de Joe Dassin. “Les Champs-Élysées”, entonné par des élèves parisiens devant deux lutteurs japonais, avait évidemment de quoi sourire.

La scène aurait pu rester une jolie visite scolaire. Les questions posées lui donnent une autre netteté. Les enfants ne se sont pas contentés d’être impressionnés par la taille des deux hommes, 175 kilos pour Abi selon Paris.fr, 145 kilos pour son collègue. Ils ont demandé comment on devenait rikishi, à quel âge, ce que l’on mangeait, pourquoi il n’y avait pas de femmes dans le sumo professionnel. La réponse donnée sur place a distingué l’existence d’une pratique féminine amateur et l’absence de femmes au niveau professionnel, expliquée par des raisons religieuses.

Le sumo arrive avec ses rites, ses corps hors norme, sa puissance visuelle, mais il passe aussitôt par le filtre très net d’une cour d’école : combien de repas par jour ? Pourquoi seulement les garçons ? Est-ce qu’on peut essayer de pousser ? Une dizaine d’élèves s’y sont frottés, sans grand suspense. Le combat était perdu d’avance, mais le contact changeait tout.

Le rendez-vous parisien est rare. L’Accor Arena annonce le retour des sumotoris en France plus de trente ans après leur dernière apparition dans le pays. La Japan Sumo Association présente cette étape parisienne comme liée à son centenaire et à l’histoire franco-japonaise du sumo, marquée notamment par les précédentes venues de 1986 et 1995.

À l’échelle de l’école des Vertus, cette grande histoire tient pourtant dans des détails plus simples : des sandales sous le préau, des enfants qui lèvent la main, deux colosses qui répondent avec patience. Paris reçoit souvent de grands événements internationaux. Celui-ci a quitté, le temps d’une matinée, le langage du spectacle pour devenir une conversation d’élèves.

Vingt-cinq enfants de l’école devaient assister le lendemain, samedi 13 juin, à la bénédiction du dohyō, l’aire de combat, à l’Accor Arena. Pour eux, le tournoi n’aura donc pas commencé dans une salle du 12e arrondissement. Il aura commencé la veille, rue des Vertus, avec un poème de Prévert et deux rikishi que toute une école avait essayé de faire bouger.

Sources consultées
  1. Ville de ParisVenus tout droit du Japon, des sumotoris se mesurent aux élèves d’une école parisienne
  2. Accor ArenaTournoi de Paris de Sumo
  3. Japan Sumo Association「大相撲パリ公演」開催に関するお知らせ