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À Python-Duvernois, une façade montre comment Paris traite son bord de périphérique

À Python-Duvernois, le prototype de façade du futur hôtel hospitalier révèle la méthode urbaine retenue pour transformer un bord de périphérique.

Façade près du périphérique

À Python-Duvernois, la SEMAPA a présenté le prototype de façade du futur hôtel hospitalier du lot 6A7. L’échantillon tient sur un morceau de chantier : pierre calcaire claire de Noyant, béton ocre et beige, menuiseries bois et aluminium. Mais dans ce secteur du 20e arrondissement, au contact du boulevard périphérique, une façade ne sert pas seulement à donner une apparence au futur bâtiment.

L’établissement sera le premier bâtiment du lot 6A7 à sortir de terre. Conçu par l’agence Abinal & Ropars pour Linkcity, construit avec Bouygues Bâtiment Île-de-France et exploité sous enseigne TRIBE 4*, il doit compter 209 chambres, dont une partie avec kitchenette, ainsi que des espaces de restauration, coworking, fitness et réunion. La première livraison est annoncée pour mars 2028.

Le terme “hospitalier” mérite d’être précisé. Le dossier de participation du public décrit un bâtiment d’environ 6 196,5 m² pouvant accueillir des patients, des professionnels de santé ayant besoin d’un hébergement temporaire, ainsi qu’une clientèle touristique ou d’affaires. Linkcity indique que l’établissement relèvera du dispositif d’hébergement temporaire non médicalisé. Dans ce cadre, un établissement de santé peut proposer, sur prescription, un hébergement avant ou après un séjour hospitalier ou une séance de soins, lorsque l’état du patient ne justifie pas un lit d’hôpital. La prestation peut être confiée à un tiers par convention et ne transforme pas l’hôtel en lieu de soins.

Le bâtiment appartient donc à la logistique discrète qui entoure les soins : dormir près d’un établissement, accompagner un proche, éviter d’occuper inutilement une capacité hospitalière. Les documents consultés ne précisent pas encore quelle part des 209 chambres sera effectivement mobilisée dans ce cadre, ni avec quels établissements de santé.

Le lot 6A7 est plus large que cet hôtel. Il prévoit environ 18 623 m² de surface de plancher, avec trois bâtiments : hôtel hospitalier, auberge de jeunesse, enseignement, hôtel d’entreprises, commerces, artisanat et une voie privée paysagée d’environ 2 900 m² en cœur d’îlot. Le coût propre du bâtiment hôtelier n’est pas publié dans les sources consultées ; l’échelle financière disponible est celle de la ZAC, pour laquelle la participation de la Ville de Paris au coût de l’opération a été fixée en 2024 à 52,39 M€, avant TVA.

À cette échelle, le prototype renvoie à toute la méthode Python-Duvernois. Le quartier, inscrit dans le renouvellement urbain des portes du 20e, doit recomposer un morceau de ville longtemps coupé et exposé. Le long du périphérique, la programmation n’est pas neutre : les bureaux, activités, hôtels, équipements et services absorbent mieux certaines contraintes que des logements ordinaires. Ils servent aussi de tampon pour rendre plus habitables les espaces tournés vers le parc et les rues intérieures.

Après l’ouverture de la deuxième phase du parc Aretha Franklin, le chantier change de relief. Le parc donnait le sol du futur quartier. Le lot 6A7 commence à en montrer l’épaisseur : hébergement, travail, passage, services et protection contre le périphérique. À Python-Duvernois, le futur quartier tient maintenant dans une façade posée devant le chantier.

Sources consultées
  1. SEMAPAPython-Duvernois, un premier prototype de façade dévoilé
  2. LinkcityCommuniqué de presse, Python-Duvernois
  3. CNCEZAC Python-Duvernois Lot 6A7
  4. Ville de Paris2024 DU 145 DLH DEVE ZAC Python-Duvernois
  5. LégifranceArticle L6111-1-6 du Code de la santé publique