L’Office français de la biodiversité a choisi Adimeo, société numérique installée rue Petit, dans le 19e arrondissement, pour développer BioDash. Derrière ce nom de produit, il y a un besoin très concret : savoir plus clairement qui surveille la biodiversité en Europe, sur quels milieux, avec quelles méthodes et où se trouvent les résultats.
Le marché a été conclu le 4 juin 2026. L’offre retenue s’élève à 419 510,78 euros, dans un accord-cadre plafonné à 583 333,33 euros sur 48 mois. Il ne s’agit pas d’une petite commande passée dans l’indifférence : l’avis d’attribution fait état de 25 offres reçues.
BioDash ne va pas observer directement les oiseaux, les insectes, les mammifères marins, les zones humides ou les habitats. Ce travail existe déjà dans une multitude de programmes nationaux, régionaux et transnationaux. La difficulté est ailleurs : ces suivis sont nombreux, dispersés, parfois construits pour des espèces, des milieux, des échelles ou des formats de résultats différents. Pour un décideur, un chercheur ou un réseau de surveillance, une première question devient vite décisive : que suit-on déjà, par qui, comment, et avec quelles données exploitables ?
BioDash doit répondre à cette difficulté. Le marché prévoit la conception, le développement, le déploiement puis la maintenance de l’outil, avec une première phase consacrée à une version MVP, c’est-à-dire un produit minimum viable, puis une phase de maintenance préventive, corrective et évolutive. L’objectif affiché est de rassembler les informations, de les rendre comparables et de les relier aux systèmes existants.
Dans ce cas, un tableau de bord ne se limite pas à quelques graphiques. L’OFB présente BioDash comme un outil capable de lister de manière organisée les dispositifs européens de surveillance, de donner accès à des fiches descriptives et de relier les résultats aux variables essentielles de biodiversité, les EBV. Ces variables servent à rapprocher des observations très diverses de mesures plus comparables dans le temps, l’espace et les niveaux du vivant.
Le projet s’inscrit dans Biodiversa+, le partenariat européen pour la biodiversité actif sur la période 2021-2028. L’OFB indique que BioDash était encore, jusqu’ici, dans ses premières phases d’évaluation des besoins et des fonctionnalités, avec un objectif d’outil opérationnel d’ici 2028. L’attribution du marché marque donc un passage net : le sujet quitte la seule définition du besoin pour entrer dans la fabrication du produit.
Le lien parisien doit rester à sa juste taille. L’acheteur public est basé à Vincennes et le lieu d’exécution indiqué par l’avis est le Val-de-Marne. Mais le lauréat est bien une PME parisienne, établie au 100 rue Petit. Paris n’est pas le terrain des observations naturalistes. C’est l’un des endroits où se fabrique l’outillage numérique qui permettra, demain, de mieux lire ces observations.
Sources consultées
- France Marchés / BOAMPConception, développement, déploiement et maintenance du produit BioDash : tableau de bord des dispositifs de surveillance de la Biodiversité à l’échelle Nationale et Européenne
- Office français de la biodiversitéBiodiversa+, le partenariat européen pour la biodiversité (2021-2028)
- GEO BONWhat are EBVs?
- AdimeoMentions légales