Près de la Pitié-Salpêtrière, dans le quartier Austerlitz de Paris Rive Gauche, un chantier commence à donner une adresse à une spécialité médicale peu connue du grand public: la myologie, la science du muscle.
La SEMAPA a publié le 1er juin un point d’étape sur la future Fondation de Myologie, à l’occasion de la Semaine du muscle. Le bâtiment doit offrir environ 9 500 m² dédiés aux activités scientifiques et à l’enseignement. Sa livraison est attendue fin 2027, avec un aménagement prévu au premier semestre 2028 et un début d’activité annoncé pour l’été 2028.
Le projet est porté par l’AFM-Téléthon et l’Association Institut de Myologie. Il ne s’agit pas seulement de donner plus de place à une institution déjà reconnue dans les maladies neuromusculaires. La future fondation veut travailler sur le muscle malade, mais aussi sur le muscle sain, blessé, entraîné ou vieillissant. Autrement dit, sur ce qui permet de marcher, de tenir debout, de récupérer, de vieillir avec plus d’autonomie, ou de comprendre pourquoi le corps perd parfois cette capacité.
Le chantier dépasse donc la façade de plus au bord des voies ferrées. Dans un même lieu doivent se croiser chercheurs, médecins, étudiants et patients. La myologie reste une discipline spécialisée, mais son sujet finit par toucher presque tout le monde: une maladie rare, une rééducation, une perte de force, une blessure, l’âge qui avance.
Le bâtiment s’inscrit aussi dans une géographie très précise. Il sera implanté dans le quartier Austerlitz, au contact de la Pitié-Salpêtrière, dans un secteur de Paris Rive Gauche déjà marqué par les grands équipements, l’université, les bureaux et les transformations urbaines. Après les rues, les logements et les aménagements de surface, ce chantier ajoute une fonction plus rare: un lieu de recherche et de formation centré sur une question médicale très concrète.
Le projet architectural, conçu par Brunet Saunier & Associés avec Belval & Parquet Architectes, prévoit deux bâtiments reliés par un socle transparent. La SEMAPA indique que l’ensemble doit préserver la perspective sur la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière. Les façades recevront aussi des coursives en bois, dans un projet annoncé avec une certification HQE Bâtiment Durable niveau excellent.
Ces éléments ne suffisent pas, à eux seuls, à faire un quartier. Ce qui comptera, à partir de 2028, sera l’usage: les salles de travail, les espaces d’enseignement, les parcours de patients, les chercheurs qui passeront de la théorie au soin, les étudiants qui viendront apprendre une médecine du mouvement.
Paris Rive Gauche a longtemps été raconté par ses chantiers. Ici, l’un d’eux a une promesse simple à comprendre: faire monter, près de l’hôpital, un bâtiment consacré à ce que chacun utilise toute la journée sans y penser. Pour une fois, le muscle aura pignon sur rue.