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Au musée Picasso, le futur jardin de sculptures passe par un square de quartier

Le concours Picasso 2030 doit réunir le jardin du musée et le square Léonor-Fini, entre bronzes de Picasso et usages de voisinage.

Illustration - Jardin de sculptures Picasso

Au fond de l’Hôtel Salé, une grille sépare aujourd’hui le jardin du musée Picasso du square Léonor-Fini. Picasso 2030 prévoit de faire tomber cette limite. À sa place, le musée veut créer un jardin de sculptures d’environ 2 400 m², ouvert sur la ville, avec une dizaine de bronzes de Picasso.

C’est le point le plus visible du concours d’architecture et de paysage lancé par l’OPPIC, pour le ministère de la Culture. Les équipes candidates ont jusqu’au 6 juillet 2026 à midi pour se faire connaître. Cinq seront retenues en septembre. Le lauréat doit être annoncé début 2027.

Le jardin n’est qu’une partie du programme. Il prévoit aussi une nouvelle aile d’environ 800 m² pour les expositions temporaires, la réorganisation d’environ 2 000 m² au rez-de-chaussée et en sous-sol de l’Hôtel Salé, un pôle logistique et de conservation, de nouveaux espaces pour les équipes, et des aménagements d’accueil. L’enveloppe prévisionnelle des travaux mentionnée dans l’avis atteint 18 millions d’euros hors taxes. Le projet global est estimé par le musée à 50 millions d’euros, avec des travaux annoncés à partir de 2028 et une ouverture visée fin 2030, sans fermeture du musée.

L’enjeu dépasse l’ajout de surfaces d’exposition temporaire. Il s’agit de savoir comment un musée international, installé dans un hôtel particulier classé, peut s’agrandir sans tourner le dos au quartier qui l’entoure.

Le square Léonor-Fini n’est pas un simple vide disponible. La Ville de Paris y recense aujourd’hui des jeux d’enfants, des tables de ping-pong, des tables de pique-nique et un espace de jeux de ballon. Lors du débat au Conseil de Paris sur le futur protocole d’occupation du domaine public, des élus de Paris Centre ont insisté sur le maintien des usages de proximité, notamment pour les enfants des écoles et crèches voisines, et sur l’absence de files d’attente dans le jardin.

Le concours devra régler ce compromis avant les palissades et les images de synthèse. Il doit organiser une équation très concrète: exposer Picasso dehors, ouvrir davantage le musée, garder un vrai jardin public, éviter que l’entrée d’un équipement culturel majeur avale les usages ordinaires du square.

Paris connaît les grands chantiers culturels. Mais celui-ci se joue aussi à petite échelle: une grille, des jeux d’enfants, des visiteurs, des bronzes, des riverains qui veulent encore pouvoir s’asseoir, jouer, traverser. Le futur jardin Picasso devra réussir quelque chose d’assez parisien, au fond: faire de la place à l’art sans chasser la table de ping-pong.

Sources consultées
  1. PLACE, portail des marchés publicsDétail de la consultation, OPPIC-26-CONCOURS-PICASSO-2030-C
  2. Musée national Picasso-ParisPicasso 2030: annonce du concours architectural et de son jury
  3. BOAMP, via avis reproduit par France MarchésAvis n°26-52831 du 29/05/2026
  4. Ville de ParisJardin de l’Hôtel Salé Léonor Fini
  5. Ville de Paris, Conseil municipal2025 DAC 302, protocole d’accord relatif à la future occupation du domaine public de l’Hôtel Salé