Au Parc Floral, en mars, la femtech avait son village: quelques stands, des start-up, des partenaires santé, des investisseurs à convaincre. Le sujet avait encore l’allure familière d’un village de salon, avec ses badges, ses pitchs et ses promesses à faire tenir en trois minutes.
La Région Île-de-France veut maintenant lui donner un couloir plus solide. Le Perqo, son programme d’incubation, ouvre sa 8e promotion aux projets consacrés à la santé et au bien-être des femmes. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 22 juin, pour une rentrée prévue en septembre. Après un premier article consacré à cet appel, la nouveauté tient surtout à l’étage d’après: le fonds Femtech Île-de-France, déployé avec Turenne Santé et adossé à l’expertise scientifique de l’Université Paris Cité.
Le fonds vise 50 M€ d’ici 2030, dont 5 M€ apportés par la Région. Il pourra investir jusqu’à 2,5 M€ par entreprise au fil de leur développement. Ce n’est pas la même promesse qu’un incubateur: il ne s’agit plus seulement d’aider un projet à se structurer, mais de l’accompagner dans cette zone compliquée où une solution paraît sérieuse sans avoir encore toutes les preuves, tous les partenaires cliniques ou les revenus qui rassurent les investisseurs classiques.
C’est précisément ce qui donne au sujet son intérêt parisien. La capitale réunit les ingrédients que beaucoup de jeunes entreprises de santé cherchent séparément: hôpitaux, recherche universitaire, incubateurs, investisseurs, associations, patientes, salons professionnels. Mais cette densité ne vaut quelque chose que si elle raccourcit le trajet entre l’idée, le test, la preuve et le premier financement sérieux.
Cette prudence n’est pas un réflexe de méfiance. Le baromètre 2025 de Wavestone et Femtech France recense 170 start-up françaises de femtech, en hausse de 21 % en un an. Mais il rappelle aussi que le secteur se partage entre santé et bien-être. Pour une lectrice, une soignante ou une investisseuse, la différence n’est pas cosmétique: un outil de suivi médical, une solution de prévention, un dispositif lié à la fertilité ou un produit de confort ne demandent pas le même niveau de preuve.
Le bon test, à Paris, ne sera donc pas le nombre de dossiers déposés ni la beauté des stands au prochain salon. Il sera plus simple, et plus exigeant: savoir si une jeune pousse peut passer d’une promesse bien racontée à une solution testée, financée, et assez solide pour entrer dans les vrais parcours de soin. Le reste, même bien présenté sur un stand, restera un pitch.