Pour un ancien fumeur parisien, la question est très simple : peut-il appeler, être orienté, puis passer un scanner avant que la maladie ne se déclare trop tard ?
Avec Impulsion, une réponse existe, mais sous conditions. Le programme pilote vise les personnes de 50 à 74 ans, fumeuses ou ex-fumeuses depuis moins de quinze ans, avec une forte exposition au tabac. L’entrée se fait par un test en ligne, un appel au 3433 ou l’orientation par un professionnel de santé. Une consultation vérifie ensuite l’éligibilité, explique le protocole et recueille le consentement.
Le dépistage repose sur un scanner thoracique à faible dose, sans injection, pris en charge à 100 % par l’assurance maladie. Une aide à l’arrêt du tabac est proposée, sans faire de l’arrêt une condition d’accès. C’est important : le programme ne commence pas par une leçon de morale, mais par une tentative de repérer plus tôt une maladie souvent diagnostiquée tard.
À Paris, où l’offre de soins est dense mais pas toujours facile à lire pour les patients, le test ne porte pas seulement sur la machine. Il porte aussi sur le parcours qui mène jusqu’à elle : trouver les bonnes personnes, leur expliquer clairement ce qui est proposé, obtenir un rendez-vous, relire les images, rappeler vite en cas d’anomalie, puis organiser le suivi sans perdre quelqu’un entre deux secrétariats.
C’est aussi ce qui distingue Impulsion d’un récit classique sur la médecine de pointe. La capitale connaît déjà les innovations spectaculaires de l’AP-HP, que La Clé Publique a récemment évoquées dans un article consacré aux nouvelles pratiques hospitalières. Ici, le progrès se joue dans quelque chose de moins brillant, mais peut-être plus décisif : un parcours que les patients concernés peuvent vraiment comprendre et utiliser.
Le programme doit inclure 20 000 volontaires dans cinq régions pilotes. Pour Paris, la réussite ne se mesurera donc pas seulement au nombre de scanners réalisés. Elle se verra au moment très ordinaire où un ancien fumeur saura quoi faire, qui appeler, et ne refermera pas son navigateur en se disant que c’est encore une affaire de spécialistes.