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Terrasses jusqu’à 23 h: à Paris, une heure de plus sur le trottoir

Du 21 juin au 30 août 2026, les terrasses estivales autorisées pourront ouvrir jusqu’à 23 h à Paris.

Terrasse parisienne en soirée d’été

À 22 h 50, une terrasse parisienne se résume rarement à quelques tables bien alignées. Il y a le dernier verre qu’on étire, la chaise que l’on recule dans le passage, le serveur qui commence à regarder sa montre, le voisin qui ferme sa fenêtre, le piéton qui cherche encore sa trajectoire entre un pied de parasol, une jardinière et une poussette.

Cet été, cette scène durera un peu plus longtemps. La Ville de Paris reconduit l’autorisation d’ouverture des terrasses estivales jusqu’à 23 h du 21 juin au 30 août 2026. Depuis le 1er avril, elles peuvent déjà fonctionner jusqu’à 22 h. Pendant le cœur de l’été, les établissements autorisés gagnent donc une heure. Après le 30 août, sauf nouvelle décision, les terrasses estivales restent possibles jusqu’au 31 octobre, mais avec une fermeture à 22 h.

La règle est simple à lire, moins simple à faire tenir dans la rue. L’autorisation ne permet pas d’agrandir une terrasse, ni de s’installer sans accord, ni d’ignorer les règles existantes. Elle concerne les terrasses estivales déjà autorisées, sur trottoir, emplacement de stationnement, placette ou rue temporairement piétonnisée. Le commerçant doit respecter l’emprise accordée, afficher son autorisation et laisser un passage libre d’au moins 1,60 mètre pour les piétons.

Ce mètre soixante est peut-être le chiffre le moins spectaculaire de l’annonce, mais c’est souvent celui qui compte le plus. Dans une rue large, l’heure supplémentaire peut passer sans histoire. Dans une rue de quartier, devant un immeuble ancien, près d’un arrêt de bus ou sur un trottoir déjà encombré, elle se voit tout de suite. La terrasse n’est alors plus seulement un signe de convivialité: elle prend de la place, devant des voisins immédiats.

Côté cafés et restaurants, l’intérêt est évident. Une heure de service en plus en juin, juillet et août, au moment où Paris dîne dehors, peut peser dans une saison. Le sujet n’est pas marginal: la Chambre régionale des comptes comptait 4 321 terrasses estivales taxées à Paris en 2023, dans un ensemble de 22 803 terrasses. Ce n’est donc pas un détail décoratif de la vie parisienne, mais une manière très concrète d’utiliser la rue.

Côté riverains, la même heure ne se mesure pas en chiffre d’affaires. Elle se mesure au bruit de voix qui remonte dans les étages, au mobilier rangé trop tard, aux groupes qui prolongent la soirée devant l’établissement. La Ville annonce une surveillance renforcée du respect du règlement et de l’heure de fermeture pendant la période. Dans les rues où l’espace manque, la mesure se jouera surtout sur la capacité à faire respecter l’emprise autorisée et à fermer vraiment à 23 h.

Le bruit n’est pas le seul problème possible. Il y a aussi les fauteuils roulants, les poussettes, les livreurs, les accès d’immeuble, les secours, les déchets et le rangement du mobilier. Une terrasse estivale ne se juge pas seulement à son remplissage. Elle se juge aussi à sa capacité à se ranger à l’heure dite, sans laisser le trottoir confisqué pour le reste de la soirée.

Pour les habitants, les nuisances liées à la clientèle peuvent être signalées à la Ville, notamment via le 3975. Pour les commerçants, la règle de bon sens est presque aussi importante que le règlement: annoncer la fin du service assez tôt, éviter les rangements bruyants, tenir l’emprise et ne pas laisser la dernière demi-heure décider de la réputation de toute la saison.

Paris avait déjà encadré le retour général des terrasses estivales. L’annonce du 13 mai ajoute donc une règle très simple à surveiller cet été: laisser la ville vivre dehors sans rendre invivables les étages juste au-dessus. Une heure de plus, sur le papier, ce n’est pas grand-chose. Dans une rue dense, c’est parfois toute la différence entre une soirée vivante et une soirée que l’on subit en pyjama.