Au nord du parc Aretha Franklin, il y a désormais assez de place pour apprendre à faire du vélo, jouer au ping-pong, lancer un ballon, traverser autrement le quartier ou simplement s’asseoir un moment. Depuis le 1er mai, 7 000 m² supplémentaires sont ouverts au public dans le secteur Python-Duvernois, dans le 20e arrondissement.
Cette deuxième phase ne termine pas le parc, mais elle change déjà son poids dans le quartier. L’espace atteint désormais plus des deux tiers de sa surface finale, appelée à approcher les trois hectares. À l’échelle d’un plan d’aménagement, cela reste une étape. À l’échelle d’un habitant, c’est une portion de ville que l’on peut enfin utiliser.
Le nouvel aménagement s’étire vers le nord, près de la barre A encore en déconstruction. Ce voisinage dit bien l’état du secteur: Python-Duvernois n’est ni un quartier achevé, ni un chantier abstrait. Des morceaux s’ouvrent pendant que d’autres se transforment encore. C’est justement ce qui rend cette livraison intéressante. Le changement n’arrive pas sous forme de grand basculement, mais par des cheminements, des pelouses, des équipements et des usages qui deviennent possibles.
L’esplanade située dans l’axe de la rue Jean-Veber est pensée comme un espace souple. Elle peut servir aux enfants qui apprennent à circuler à vélo, aux jeux de glisse, aux jeux de ballons ou à des activités associatives, avec une petite scène et une borne électrique. Plus loin, l’association Tous Ensemble dispose d’un second jardin partagé, destiné à accueillir temporairement ses cultures au cœur du parc. La Rotonde, rénovée avec vestiaires, douches et cuisine, sert désormais aux équipes chargées de l’entretien quotidien.
Ces éléments sont modestes, mais ils sont souvent ceux qui font vivre un parc. Un banc, une table de ping-pong, un jardin déplacé sans disparaître, des locaux pour les agents: ce n’est pas ce qui se voit le mieux dans une annonce de chantier. C’est pourtant ce qui permet à un espace public de tenir dans la durée.
Autour, le projet Python-Duvernois reste beaucoup plus vaste. Le secteur couvre 17 hectares entre les portes de Bagnolet et de Vincennes. Il concerne notamment environ 620 logements de la RIVP, des équipements sportifs, de futurs logements, des activités, des commerces, une crèche, un centre de santé et une Cité des sports. Mais pour les usagers, le parc est la partie la plus lisible du projet: celle que l’on traverse, que l’on teste, que l’on adopte ou non.
À Paris, la Ville affiche l’objectif d’ouvrir 300 hectares d’espaces verts au public d’ici 2040. À Python-Duvernois, cette ambition prend une forme très concrète: 7 000 m² de sol en plus, dans un quartier longtemps marqué par les coupures urbaines et la proximité du périphérique.
La dernière phase du parc doit commencer début 2027, pour environ un an de travaux. En attendant, le quartier reste en mouvement. Il n’est pas terminé. Mais il offre déjà un peu plus qu’un passage obligé: un endroit où l’on peut ralentir, jouer, jardiner ou rester cinq minutes de plus.