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Notre-Dame: la restauration se poursuit côté sacristie

Des marchés publiés le 3 mai détaillent une nouvelle séquence de restauration extérieure autour de la sacristie de Notre-Dame.

Illustration - Sacristie de Notre-Dame en restauration

À Notre-Dame, les visiteurs regardent d’abord la nef retrouvée, la flèche, le parvis. Les avis de marché publiés le 3 mai ramènent l’attention vers un endroit moins visible: la sacristie, sur laquelle une nouvelle séquence de restauration extérieure se prépare.

Les avis concernent la phase 3 de la restauration de la cathédrale, dans une sous-opération dédiée à la sacristie. Ils dessinent un chantier par métiers: échafaudages et lifts, maçonnerie, pierre de taille, sculpture neuve, statuaire, charpente métallique, couverture en plomb. Rien de spectaculaire, au premier regard. Mais c’est précisément là que se joue la suite de Notre-Dame: dans des lots techniques, des délais, des visites obligatoires, des entreprises capables de travailler sur une cathédrale ouverte et très fréquentée.

La durée prévisionnelle indiquée pour plusieurs lots est de 25 mois. Les dates limites de remise des offres tombent début juin: le 5 juin pour plusieurs lots, le 12 juin pour les échafaudages et lifts. Les plafonds mentionnés donnent aussi l’échelle de cette séquence: jusqu’à 2,3 millions d’euros hors taxes pour la maçonnerie et la pierre de taille, 1,5 million pour les échafaudages, 900 000 euros pour la sculpture neuve, 250 000 euros pour la couverture en plomb.

Le public a retrouvé la cathédrale le 8 décembre 2024. En 2025, Notre-Dame indique avoir accueilli plus de 11 millions de visiteurs. Mais un monument rouvert n’est pas forcément un monument achevé. Après les parties les plus visibles viennent les reprises moins évidentes: façades, décors, couvertures, éléments anciens à restaurer ou à consolider.

La sacristie mérite ce détour. Elle n’est pas une simple annexe. Notre-Dame rappelle que Lassus et Viollet-le-Duc l’ont reconstruite entre 1845 et 1850 autour d’un petit cloître, avec une partie liée au culte et une autre au Trésor. Avant l’incendie, environ 200 objets du Trésor y étaient présentés dans des meubles historiques dessinés par Viollet-le-Duc. Restaurer son extérieur, c’est donc intervenir sur un lieu discret, chargé d’usage, d’histoire et de savoir-faire.

Cette nouvelle étape s’inscrit aussi dans un Paris très concret. Sur l’île de la Cité, le monument mondial reste un chantier local. Les entreprises devront travailler près d’un site déjà rendu aux offices, aux visites et aux flux touristiques. Dans le même secteur, la Ville de Paris prépare le réaménagement des abords de Notre-Dame, avec 4,7 hectares concernés autour du parvis, des quais, de la rue du Cloître-Notre-Dame et des jardins arrière.

Un avis de marché n’a pas le charme d’une façade restaurée. Il montre pourtant ce que les grandes images résument mal: une cathédrale tient aussi grâce à des échafaudages, des tailleurs de pierre, des sculpteurs, des couvreurs, des charpentiers, des critères techniques et des mois de travail à l’écart des regards. À Notre-Dame, la réouverture a marqué une étape. Côté sacristie, le chantier continue.