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Aux Olympiades, une rénovation climatique à l’épreuve du quotidien

Aux tours Londres et Anvers, Paris Habitat rénove 585 logements en site occupé, avec un enjeu concret: confort, charges et travaux supportables.

Illustration - Rénovation aux Olympiades

Aux Olympiades, une rénovation climatique se reconnaît d’abord à des gestes très domestiques. Une fenêtre remplacée. Un radiateur changé. Une porte palière reprise. Une ventilation corrigée dans un appartement toujours habité.

Dans les tours Londres et Anvers, Paris Habitat a engagé une réhabilitation qui doit aller jusqu’en 2027. L’opération concerne 585 logements, 321 dans la tour Londres et 264 dans la tour Anvers. Elle ouvre une intervention plus large sur les cinq bâtiments des Olympiades appartenant au bailleur, construits entre 1973 et 1976.

Les chiffres donnent l’échelle: 113 millions d’euros annoncés pour l’ensemble, dont 37,5 millions pour la première phase sur Londres et Anvers. Les travaux touchent l’enveloppe des bâtiments, les fenêtres, les portes, les radiateurs, la ventilation, l’éclairage et les parties communes. La Ville de Paris indique des gains énergétiques visés de 52 % pour Londres et 53,6 % pour Anvers.

Ces objectifs ne prendront vraiment sens qu’après travaux, dans les logements et sur les charges. Pour un locataire, une rénovation réussie n’est pas seulement une meilleure performance sur un tableau. C’est un appartement moins froid en hiver, moins difficile à tenir en été, une ventilation qui fonctionne, des nuisances expliquées à l’avance et une facture qui ne contredit pas la promesse de départ.

Le site rend l’exercice plus parlant. Aux Olympiades, on ne rénove pas une résidence posée tranquillement au bord d’une rue. Le quartier est construit sur dalle, avec ses accès, ses niveaux, ses commerces, ses bureaux, ses tours privées et sociales. Paris Habitat l’avait résumé simplement au lancement du projet: on ne monte pas un camion sur la dalle. Cette contrainte dit une partie du chantier. Ici, rénover suppose aussi d’organiser les circulations, les livraisons, les accès aux logements et la vie quotidienne autour des travaux.

C’est là que l’information des habitants devient une partie du chantier. Paris Habitat a ouvert un lieu commun de 100 m² au 32 rue Javelot, au pied de la tour Anvers, pour tenir des permanences, présenter le projet et accueillir des ateliers. La Ville et les bailleurs parisiens ont aussi signé une charte de concertation pour les rénovations environnementales du parc social. Aux Olympiades, ces engagements seront vite vérifiables: un chantier en site occupé se juge dans les cages d’escalier, les rendez-vous pris, les consignes données et la manière dont les habitants comprennent ce qui entre chez eux.

L’opération dépasse le seul cas des deux tours. Paris veut rénover plus de 5 000 logements sociaux par an. Dans une ville déjà bâtie, dense et chère, l’adaptation climatique passera souvent par des immeubles habités, mais déjà indispensables à la vie parisienne.

Aux Olympiades, le Plan Climat se joue au pied des tours, puis dans les appartements. Le résultat se mesurera après travaux: dans la température des pièces, la lisibilité des charges et la manière dont les habitants auront traversé le chantier.