
Le LOSC pourrait bientôt gérer le stade Pierre-Mauroy, à Villeneuve-d’Ascq, où il joue depuis 2012. Mercredi 21 octobre, Eiffage a annoncé un protocole d’accord et des négociations exclusives pour céder au club les sociétés chargées de l’exploitation et de l’entretien de l’enceinte. Deux semaines plus tôt, Lille et la Métropole européenne de Lille (MEL) avaient conclu un accord sur le remboursement de plusieurs années de loyers impayés.
Ces deux opérations pourraient transformer une relation longtemps conflictuelle. Le LOSC, qui contestait les conditions d’utilisation du stade, veut désormais prendre la place de l’entreprise qui le gère.
De trois interlocuteurs à deux
Depuis sa construction, le stade repose sur un partenariat public-privé signé en 2008. La MEL a confié à Elisa, filiale d’Eiffage, le financement, la construction, la maintenance et l’exploitation de l’équipement. La collectivité rémunère le partenaire privé et met le stade à disposition du LOSC, qui lui verse un loyer.
Le système fait donc intervenir trois acteurs : la Métropole, l’exploitant et le club résident. Or le LOSC souhaite racheter, par l’intermédiaire de Lille Arena SAS, Elisa et ses filiales.
Le conseil métropolitain du 9 octobre a autorisé un avenant au contrat permettant cette cession. François-Xavier Cadart, conseiller métropolitain chargé des sports, a résumé l’objectif en séance : passer d’une relation « tripartite » à une relation « bilatérale ».
Le club réunirait ainsi deux fonctions jusqu’ici séparées : utiliser le stade pour ses matchs et piloter son exploitation commerciale et technique. Les conditions de location auprès de la MEL resteraient toutefois inchangées : le LOSC continuerait de lui verser un loyer.
Des recettes supplémentaires, mais aussi des charges
Avec ses 50 000 places et sa configuration modulable, le stade Pierre-Mauroy accueille également des concerts, des spectacles et d’autres compétitions sportives.
Le LOSC pourrait développer les revenus de ces activités et de leurs espaces annexes. La MEL présente d’ailleurs cette diversification comme l’un des objectifs du rachat.
Mais exploiter une enceinte de cette taille suppose aussi d’en assurer l’entretien, la maintenance et la disponibilité. Le projet prévoit la reprise des sociétés qui assument ces missions, avec leurs salariés, dont les représentants devront être informés ou consultés.
Le prix de la cession n’a pas été communiqué. Impossible, à ce stade, de mesurer ce que les nouvelles recettes pourraient rapporter au club une fois les charges et l’acquisition financées.
La Métropole conserve son contrat jusqu’en 2043
Le changement d’exploitant ne signifie pas que le LOSC achète librement les murs du stade.
Le montage immobilier est particulier : Elisa est propriétaire de l’ouvrage pendant la durée du partenariat. La MEL dispose d’un droit d’usage et en récupérera la pleine propriété en 2043. Le coût de construction prévu atteignait 288 millions d’euros hors taxes, hors frais financiers, selon la Cour des comptes.
En reprenant Elisa, le LOSC entrerait donc dans un dispositif contractuel déjà établi. La Métropole conserverait ses droits et ses obligations, notamment le contrôle de l’exécution du partenariat.
Cette réorganisation intervient après un autre accord, approuvé le 9 octobre : le LOSC s’engage à rembourser ses loyers impayés, évalués à environ 24 millions d’euros par le président de la MEL, Éric Skyronka, ainsi que les intérêts correspondants. L’accord doit mettre fin aux contentieux entre le club et la collectivité.
La cession permettrait à Eiffage de quitter l’exploitation du stade. Elle simplifierait les relations entre la Métropole et le LOSC, sans effacer leurs engagements financiers. Le club gagnerait en maîtrise sur l’activité de l’enceinte, mais reprendrait les responsabilités de l’exploitant.
La vente reste soumise aux autorisations nécessaires. Eiffage envisage sa finalisation au premier trimestre 2027. À Villeneuve-d’Ascq, le LOSC pourrait alors gérer lui-même les jours de match comme les soirées de concert, tout en assumant l’entretien et la maintenance du stade Pierre-Mauroy conformément au contrat qui court jusqu’en 2043.
Sources consultées
- EiffageEiffage a conclu un protocole d'accord avec le LOSC concernant le projet de cession des sociétés en charge de l'exploitation du Decathlon Arena - Stade Pierre-Mauroy et de ses espaces annexes
- Métropole européenne de LilleConseil du 9 octobre 2026, note de synthèse, délibérations 26-C-0202 et 26-C-0203
- Métropole européenne de LilleCompte rendu du Conseil métropolitain du 9 octobre 2026
- Cour des comptesLes soutiens publics à l'Euro 2016 en France, cahiers territoriaux, 2017
- L'ÉquipeLe LOSC va racheter l'exploitation du Stade Pierre-Mauroy
- Le Petit LilloisLa MEL acte le futur rachat d'exploitation du Stade Pierre-Mauroy par le LOSC