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À Lille, on joue à sauver le BCG là où il est né

Treize ans de recherches transformés en 75 minutes d'énigmes : jusqu'au 1er novembre, un escape game d'Halloween s'installe au musée de l'Institut Pasteur de Lille.

Illustration - Laboratoire et fioles du BCG

Au musée de l’Institut Pasteur de Lille, une formule de vaccin a disparu. Du moins dans le scénario du Dernier Dispensaire, un escape game sensoriel organisé jusqu’au 1er novembre. Les joueurs ont 75 minutes pour retrouver la formule du BCG, le vaccin contre la tuberculose, dans un musée qui conserve la mémoire des travaux d’Albert Calmette et Camille Guérin.

L’intrigue se déroule le 15 décembre 1921. La formule aurait été dérobée à la veille de sa révélation au monde. Transformés en apprentis chercheurs, les participants doivent traverser cinq épreuves mobilisant leurs sens, récupérer des fioles et reconstituer la formule disparue. Le tout dans une ambiance d’Halloween.

Cette disparition est entièrement fictive, et la chronologie arrangée : le premier nourrisson avait déjà reçu le BCG en juillet 1921.

À partir de 1908, Calmette et Guérin ont cultivé une bactérie responsable de la tuberculose bovine. Toutes les trois semaines environ, ils en transféraient une partie sur un nouveau milieu de culture. Il leur a fallu treize années et quelque 230 repiquages successifs pour obtenir une souche suffisamment atténuée pour servir de vaccin. Le BCG, issu de ces travaux menés à Lille, a ensuite été utilisé dans le monde entier.

Un décor que les autres villes ne peuvent pas reproduire

Le musée occupe les anciens appartements d’Albert Calmette, premier directeur de l’Institut Pasteur de Lille. Son parcours habituel présente des instruments scientifiques, son cahier de laboratoire, une reconstitution de son bureau et les souches originelles du BCG.

La tuberculose frappait alors durement la population ouvrière lilloise. Dès 1901, Calmette avait ouvert le dispensaire Émile-Roux, consacré à la prévention de la maladie. Le dispensaire du jeu est fictif. Celui qu’avait ouvert Calmette accueillait réellement les Lillois.

SENSAS déploie cette expérience d’Halloween dans plusieurs villes françaises. Ailleurs, ses propres centres se transforment en dispensaires fictifs. À Lille, le jeu quitte ses locaux pour investir un authentique lieu de mémoire scientifique, avec le concours de l’organisateur Experiens.

Selon SENSAS, vingt étudiants bénévoles de l’ISEFAC participent à l’animation pendant trois semaines. L’organisateur annonce également un don à l’Institut Pasteur de Lille pour chaque défi réussi, sans en préciser le montant.

Trois versions selon les âges

Le parcours propose une version familiale en journée, accessible dès 7 ans, et des versions plus effrayantes à partir de 16 ans en soirée. Les 30 et 31 octobre, une formule « Extrême » est prévue pour Halloween.

Les parties durent 75 minutes, en équipes pouvant compter jusqu’à dix joueurs. Les tarifs commencent à 24 euros par personne. Le jeu se déroule jusqu’au dimanche 1er novembre, au 18, boulevard Louis-XIV, à Lille. Les créneaux disponibles figurent sur la page de réservation du Dernier Dispensaire.

Les fioles du jeu sont imaginaires. Au musée, les souches originelles du BCG sont bien réelles.

Sources consultées
  1. SENSAS LilleLe Dernier Dispensaire, une expérience immersive inédite
  2. Institut Pasteur de LilleNotre musée
  3. Institut PasteurVaccin BCG : il y a 100 ans, la première vaccination contre la tuberculose
  4. Institut Pasteur de LilleNotre histoire
  5. SENSAS FranceSENSAS News septembre 2026 : Le Dernier Dispensaire