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Dans le Nord, les arbres coupés pour l'entretien deviennent des clôtures

En cinq ans, le Département du Nord a transformé 715 m³ de bois local en équipements pour ses espaces naturels. Il annonce un coût six fois inférieur par poteau.

Illustration de clôtures en bois local

Sur le terril des Argales, à Rieulay, les nouvelles clôtures sont fabriquées avec du bois provenant des espaces naturels du Nord. Depuis cinq ans, le Département transforme les arbres coupés lors de l’entretien de ses sites en poteaux, bancs et autres équipements. Résultat : 3 200 poteaux, 3 100 lisses horizontales et 715 m³ de bois sciés ou transformés. Selon Patrick Valois, vice-président chargé de l’environnement, chaque poteau fabriqué localement coûte six fois moins cher qu’un poteau acheté à l’extérieur.

L’idée consiste à relier deux besoins du Département : entretenir les boisements et installer des équipements pour accueillir le public. Une partie du bois issu des coupes sert ainsi à fabriquer ces aménagements, plutôt que de devoir acheter tous les matériaux à l’extérieur.

Une scierie qui se déplace jusqu’aux arbres

Le Département gère plus de 3 300 hectares d’espaces naturels, des dunes littorales aux anciens terrils miniers. Les arbres y sont parfois abattus pour prévenir les chutes, préserver certains milieux ou favoriser la diversité des essences.

Au bois de l’Aumône, à Faumont, des chênes et des bouleaux ont ainsi été coupés en 2020 pour sécuriser les routes voisines et favoriser la végétation des lisières. Une scierie mobile est venue transformer sur place 23 m³ de troncs en poteaux, planches et marches.

Cette machine est l’un des outils de la filière départementale. À Faumont, elle a permis de scier le bois directement sur le lieu de coupe, sans expédier les grumes vers une scierie éloignée. Le Département s’appuie également sur des entreprises spécialisées, des associations et des établissements de formation pour organiser les différentes étapes.

Les chevaux de trait peuvent aussi intervenir lorsque le terrain le demande. Fin février 2026, sept chevaux ont été mobilisés dans le parc départemental du Mont-Noir, où environ 60 m³ de châtaigniers devaient être extraits. Leur travail consistait à tirer les troncs jusqu’à une zone de stockage, en évitant le tassement des sols sableux provoqué par les engins lourds.

Ces châtaigniers avaient été sélectionnés pour permettre à d’autres essences, notamment les hêtres et les chênes, de se développer. La coupe répondait d’abord à un objectif écologique, pas à un besoin de production. Le bois récupéré doit être scié sur place en 2027, puis servir à fabriquer du mobilier pour six espaces naturels du Nord.

Des achats évités, mais combien d’économies ?

Les coupes d’entretien fournissent ainsi une partie des matériaux nécessaires aux clôtures, aux poteaux de randonnée, aux bancs ou aux observatoires demandés par les gardes départementaux.

Le Département ne détaille toutefois pas le calcul qui permet à Patrick Valois d’affirmer qu’un poteau local revient six fois moins cher. Le coût complet de cette production, notamment la main-d’œuvre et les prestations de transformation, n’est pas publié.

Depuis les premiers essais de 2020, la filière s’est développée et fournit désormais régulièrement des équipements aux espaces naturels départementaux.

À Rieulay, cette provenance est maintenant affichée. Un nouveau marquage est apposé sur les clôtures du terril des Argales : « Issu du bois des espaces naturels du Nord ». Les promeneurs peuvent ainsi reconnaître le bois départemental jusque dans les aménagements qui bordent leur chemin.

Sources consultées
  1. Nord Info, Département du NordDans nos espaces naturels, la filière bois départementale s'est fait une vraie place
  2. Nord Info, Département du NordDu circuit court dans nos forêts avec la scierie mobile
  3. Nord Info, Département du NordDébardage au mont Noir : des chevaux de trait en action
  4. Nord Info, Département du NordLes Rendez-vous Nature sont de retour !