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À Tourcoing, des crêpes sous capteurs et un ver qui se nourrit de soleil

Ce samedi 10 octobre, au Fresnoy de Tourcoing, sept ateliers gratuits invitent à mesurer la pollution des cuissons, fabriquer des nano-éponges et découvrir un ver nourri par des algues.

Illustration - Crêpes, capteur et ver marin

Faire cuire une crêpe, mesurer les polluants émis pendant sa cuisson, puis comprendre comment la ventilation peut les évacuer. Ce samedi 10 octobre, au Fresnoy de Tourcoing, les chercheurs du laboratoire lillois PC2A transforment une cuisine ordinaire en terrain d’expérience. Le public pourra suivre les mesures en direct, capteurs à l’appui.

C’est l’une des propositions du Festival du CNRS, qui réunit plus de trente scientifiques autour de sept ateliers gratuits. Après deux journées réservées aux scolaires, les habitants peuvent à leur tour expérimenter, manipuler et poser leurs questions aux chercheurs.

Ce que les yeux ne voient pas

Dans une cuisine, on remarque la fumée ou les odeurs. Beaucoup moins les particules fines et les gaz émis pendant la cuisson. Ces émissions varient selon la manière de cuisiner et l’énergie utilisée. La ventilation, elle, influe sur la concentration des polluants dans l’air.

Les scientifiques du PC2A proposeront de comparer ces paramètres en préparant crêpes et gaufres. Leur métier consiste justement à rendre cette pollution mesurable. Dans le cadre du projet PAMELA, leur laboratoire utilise notamment des capteurs portatifs pour suivre l’exposition aux particules dans la métropole lilloise, au domicile, dans les transports ou sur les lieux de travail.

Au Fresnoy, les visiteurs pourront observer les mesures évoluer pendant une cuisson et interroger directement ceux qui les réalisent.

Avec l’Unité de catalyse et de chimie du solide (UCCS) et l’Institut Chevreul, les visiteurs découvriront aussi les « nano-éponges ». Ces matériaux possèdent une architecture percée de minuscules cavités, capables de retenir certaines molécules. Les participants pourront observer leur fonctionnement et réaliser leur propre nano-éponge.

Certains matériaux de cette famille sont étudiés pour capturer des gaz, dont le CO₂, ou contribuer à dépolluer l’eau. Leur intérêt tient à leur architecture : la matière est conçue en fonction des molécules qu’on cherche à piéger.

Le ver qui a renoncé à manger

Des biologistes lillois présenteront un ver marin qui, adulte, ne possède plus de système digestif fonctionnel.

Il héberge dans ses tissus des microalgues capables d’utiliser la lumière pour produire les nutriments dont il dépend. Cette association, appelée photosymbiose, permet aux biologistes d’étudier comment deux organismes deviennent indispensables l’un à l’autre.

Le programme s’intéresse aussi à la perception du goût : pourquoi la coriandre évoque-t-elle le savon pour certaines personnes ?

Le Fresnoy, habituellement consacré à la création contemporaine, accueille également deux propositions mêlant art et science. L’une invite à préparer des gelées comestibles expérimentales, puis à jouer sur les conditions de dégustation. Cet atelier sur inscription, prévu de 14 h 30 à 16 h 30, affiche déjà complet.

Les sept ateliers scientifiques restent accessibles gratuitement ce samedi, de 10 h à 19 h, au 22, rue du Fresnoy. L’entrée à Panorama 28, l’exposition actuellement présentée dans le bâtiment, est également offerte pour la journée.

Devant les capteurs du PC2A, chacun pourra voir les émissions d’une cuisson se dessiner en direct.

Sources consultées
  1. CNRS Hauts-de-FranceLe Festival du CNRS s'installe au Fresnoy de Tourcoing
  2. Le Fresnoy, Studio national des arts contemporainsFestival du CNRS | Fête de la science au Fresnoy
  3. Laboratoire PC2A, Université de LilleQualité de l'air
  4. Institut Michel-Eugène Chevreul, Université de LilleFête de la Science 2026 : l’Institut Chevreul se mobilise autour des « Saveurs savantes »
  5. EMBRC-FranceVer plat Symsagittifera roscoffensis
  6. Le Fresnoy, HelloAssoAtelier culinaire avec l'artiste Nazi Can Akçali - Fête de la science