
Parmi les 142 œuvres annoncées au Tripostal, la sculpture Gravité de Daniel Firman met en jeu un corps presque englouti sous un amoncellement d’objets. Ben, lui, sera présent avec une sérigraphie au conseil faussement apaisant : « Cela ne sert à rien de vous stresser… tout est art ». L’œuvre avait été créée en 2006 pour être accrochée dans des salles d’attente de médecins.
Vendredi 9 octobre, ces deux pièces rejoindront 140 autres au Tripostal pour Éclats du rire. L’exposition rassemble 91 artistes sur 5 000 m² et, surtout, puise simultanément dans les collections des 22 Fonds régionaux d’art contemporain. Selon lille3000 et Platform, c’est la première fois que les 22 sont réunis dans un même lieu.
Le rire sert moins de genre que de méthode. Le parcours commence par des artistes qui se prennent eux-mêmes pour matériau, avec l’autoportrait, le travestissement ou l’autodérision chez Samuel Fosso, ORLAN, Esther Ferrer ou Pierrick Sorin. Un étage plus haut viennent les parodies et détournements d’objets, de langage et d’histoire de l’art, avec notamment Ben, Annette Messager, Maurizio Cattelan ou Laure Prouvost. Le dernier niveau fait basculer l’humour vers la critique sociale et politique.
Cette concentration produit un curieux renversement. Les FRAC ont été créés en 1982 pour constituer des collections publiques d’art contemporain dans les régions, mais aussi pour les faire voyager. Le ministère de la Culture les présente comme des collections destinées à circuler dans des musées, mais aussi des écoles, universités, associations, monuments ou hôpitaux. Pendant près de trois mois, ce réseau construit pour la dispersion va donc se condenser à Lille.
Le Nord n’est pas seulement la ville hôte de cette réunion. Le FRAC Grand Large de Dunkerque prête des œuvres de sa collection, parmi lesquelles figurent des artistes aussi différents que Maurizio Cattelan, Philippe Ramette, Robert Doisneau, François Morellet ou Présence Panchounette. Et dès le 10 octobre, son bâtiment dunkerquois prolongera le jeu avec une exposition de design consacrée au détournement des matériaux, des fonctions et des usages.
À Lille, le rire doit aussi sortir des salles d’exposition. lille3000 annonce du stand-up au Tripostal, en lien avec la scène métropolitaine des comedy clubs. Les jeudis sont gratuits pour les étudiants, nocturne comprise. Pour les autres visiteurs, l’entrée simple coûte 12 €, 8 € en tarif réduit, et reste gratuite notamment pour les moins de 18 ans. La billetterie de l’exposition est ouverte.
Éclats du rire sera visible du mercredi au dimanche, du 9 octobre au 3 janvier, au 22 avenue Willy-Brandt. Pendant ce temps, les œuvres que les FRAC passent leur temps à envoyer ailleurs auront, exceptionnellement, toutes fait étape à Lille.