
À Maubeuge et au Quesnoy, des prélèvements médicaux ont désormais un horaire de décollage. Ils rejoignent par drone le laboratoire de Valenciennes, avec quatre rotations quotidiennes sur la première liaison et trois sur la seconde. Après deux ans d’essais, AirShab est passé en novembre 2025 aux vols réguliers entre Maubeuge et Valenciennes, avant d’ajouter Le Quesnoy en 2026. Ce n’est plus une démonstration ponctuelle : trois hôpitaux utilisent aujourd’hui ce petit réseau aérien.
L’appareil qui traverse le ciel est seulement la partie visible du problème. Le laboratoire Sambre Hainaut Artois Biologie fonctionne sur plusieurs sites, avec des équipements et des examens répartis entre différents plateaux techniques. Un prélèvement effectué dans un établissement doit donc parfois voyager avant même que l’analyse commence. SHAB répartit sa production sur six sites, tandis que les Hôpitaux Hainaut-Cambrésis réunissent dix établissements autour d’un bassin de près d’un million d’habitants. À cette échelle, transporter les tubes fait partie du fonctionnement du laboratoire.
Entre Le Quesnoy et Valenciennes, l’hôpital annonce environ dix minutes de vol contre vingt minutes par la route. Mais le projet cherche aussi à rendre le délai plus prévisible. Une voiture dépend de la circulation et de la disponibilité d’un coursier ; des rotations aériennes programmées rendent l’heure d’arrivée plus régulière. C’est particulièrement utile dans une organisation où certains examens sont réalisés ailleurs que sur le site du prélèvement.
Avant de confier les tubes au drone, il fallait répondre à une question décisive pour le laboratoire : arrivent-ils dans le même état ? Une étude du SHAB publiée en novembre 2025 dans la Revue de biologie médicale a comparé des échantillons transportés par la route et par drone. Quinze échantillons sanguins ont donné lieu à 407 comparaisons sur 27 examens d’hématologie, d’hémostase, de biochimie et d’immunologie. Les auteurs obtiennent 97,8 % de résultats conformes selon leur premier critère analytique et 99 % selon un second critère intégrant la variation cliniquement acceptable. Quatre discordances mineures, soit moins de 1 % des résultats, sont rapportées sans impact clinique significatif.
L’étude reste petite : elle vérifie surtout que le transport aérien n’altère pas les résultats des analyses testées. Elle ne mesure pas le temps total gagné entre le prélèvement et le rendu du résultat au patient. Les données publiques disponibles ne permettent donc pas encore de chiffrer l’effet du réseau en routine sur les délais de diagnostic.
Le Centre hospitalier de Valenciennes vise six établissements connectés d’ici 2027. Le passage à des vols déclenchables pour des besoins urgents, jusqu’à un fonctionnement 24 heures sur 24, reste lui aussi un objectif et non le fonctionnement actuel. Pour l’instant, AirShab relie trois hôpitaux du Hainaut. Le drone commence à entrer dans l’emploi du temps du laboratoire.
Sources consultées
- Centre Hospitalier de ValenciennesEssais terminés, place aux vols réguliers | AIRSHAB
- Centre Hospitalier de ValenciennesAirSHAB : Inauguration de la liaison Valenciennes - Le Quesnoy
- Revue de biologie médicale / ParedocÉtude de l'impact du transport par drone des échantillons biologiques : expérience du laboratoire multisites Sambre Hainaut Artois Biologie
- Centre Hospitalier de ValenciennesNotre Projet de territoire | Synergies 2024-2029
- HospitaliaAirShab, du drone expérimental au réseau hospitalier