
Jusqu’au 3 octobre, la Fabuleuse Factory rassemble place Jean-Bart plus de 25 industriels, énergéticiens, établissements de formation et acteurs de la recherche. Batteries, maintenance, énergie ou travaux publics y sont présentés au grand public. Mais l’information la plus révélatrice est arrivée à la veille de l’événement : certaines formations industrielles du Dunkerquois disposent de places sans parvenir à attirer assez de candidats.
Une étude publiée le 29 septembre par la DREETS Hauts-de-France décrit pourtant un paradoxe : le territoire dispose déjà d’une offre importante de formation industrielle, mais certaines sessions restent sous-remplies. Des jeunes s’orientent vers d’autres filières et les qualifications enseignées ne correspondent pas toujours à celles recherchées par les entreprises.
Le décalage devient plus pressant parce que plusieurs projets industriels ont quitté le stade des annonces. Verkor est désormais en montée en cadence dans sa gigafactory de batteries et annonçait début août la mise en service de sa deuxième ligne ainsi que la livraison de ses premières batteries entièrement produites à Dunkerque. ProLogium a lancé en février le chantier de sa future usine de batteries solides. En mai, XTC New Energy et Orano ont posé la première pierre de Neomat CAM, dont la production de matériaux de cathode est prévue à partir de 2028.
Ces usines n’embauchent pas toutes les mêmes profils, mais plusieurs recherchent des compétences déjà présentes dans l’industrie locale. Sur les 19 métiers examinés par l’étude, l’enquête estime notamment à 1 470 les besoins de recrutement liés aux équipements de production et à la maintenance entre 2025 et 2030, et à 1 000 ceux concernant l’électronique et l’électricité. Ces chiffres correspondent à des besoins cumulés sur plusieurs années, pas à autant de postes actuellement vacants.
Le manque ne vient donc pas seulement du nombre de formations disponibles. Il tient aussi à leur remplissage et à leur adéquation avec les recrutements. La DREETS relève notamment des difficultés d’attractivité pour certains métiers, des choix d’orientation qui ne suivent pas forcément les débouchés industriels et des écarts entre les qualifications enseignées et celles recherchées. Ouvrir des places ne suffit pas si les candidats ne les choisissent pas ou s’ils arrivent avec un niveau différent de celui attendu sur les lignes de production.
À la Fabuleuse Factory, les deux bouts de cette chaîne se retrouvent au même endroit : les entreprises qui commencent à produire, celles qui construisent encore leurs usines, l’université et les organismes qui orientent et forment les candidats. Derrière les démonstrations, la réalité virtuelle et les présentations de métiers apparaît ainsi une question beaucoup moins spectaculaire, mais décisive pour les sites industriels qui montent en puissance : disposer des bonnes compétences au moment où elles deviennent nécessaires.
La Fabuleuse Factory reste ouverte place Jean-Bart jusqu’au samedi 3 octobre, de 9 h à 12 h 15 et de 13 h 45 à 18 h. À Dunkerque, la réindustrialisation se joue désormais aussi dans la capacité à orienter et former suffisamment de jeunes et d’adultes en reconversion pour répondre aux besoins des nouvelles usines.
Sources consultées
- Dunkerque l’Énergie CréativeFABULEUSE FACTORY 2026 : Plongez dans l’Industrie du Futur à Dunkerque du 30 septembre au 3 octobre 2026
- DREETS Hauts-de-FranceÉtude de l’offre de formation actuelle et prospective en lien avec les projets du Dunkerquois
- DREETS Hauts-de-France / C2RPSynthèse de l’étude de l’offre de formation actuelle et prospective en lien avec les projets du Dunkerquois
- VerkorVerkor evolves its leadership to support its large-scale industrial production phase
- ProLogiumProLogium Breaks Ground on Dunkirk Gigafactory in France
- OranoXTC New Energy et Orano posent la première pierre de Neomat CAM