
Mercredi 30 septembre, le lycée César-Baggio, à Lille, n’était ni ouvert normalement, ni totalement fermé. Tous les cours ont basculé à distance et les élèves externes ou demi-pensionnaires ont été invités à rester chez eux. Mais les internes ont continué à être hébergés et nourris sur place, avec des salles de travail mises à leur disposition. La direction justifie cette organisation par les événements des deux jours précédents autour de l’établissement.
Un lycée rassemble plusieurs services qui ne sont pas obligés de s’arrêter ensemble : enseignement, accueil, restauration, hébergement, accès au bâtiment. À Baggio, les blocages ont conduit à déplacer les cours sans interrompre l’hébergement ni la restauration.
Le Code de l’éducation prévoit ce type de réponse. En cas de difficultés graves, le chef d’établissement peut prendre les mesures nécessaires au fonctionnement du service public. En situation d’urgence, notamment lorsqu’une action menace l’ordre dans l’établissement, il peut interdire l’accès aux locaux et suspendre des enseignements ou d’autres activités. Il doit ensuite rendre compte de ces décisions au rectorat ainsi qu’aux autorités locales et préfectorales concernées.
Le passage à distance n’est pas non plus improvisé depuis la grille du lycée. Dans sa page actualisée en janvier 2026, Éduscol indique qu’à chaque rentrée, les établissements actualisent leur plan de continuité pédagogique afin qu’il puisse être activé en cas de fermeture ou de limitation d’accès. Ce plan prévoit notamment des scénarios d’enseignement hybride ou entièrement à distance.
À Baggio, cette continuité prend une forme nette : les cours quittent temporairement les salles, tandis que les élèves qui vivent dans l’établissement continuent d’y dormir, d’y manger et d’y travailler.
Cette séparation correspond aussi à l’organisation institutionnelle des lycées publics. Le chef d’établissement représente l’État et est responsable de l’ordre et de la sécurité dans l’établissement. La région, de son côté, assure notamment l’accueil, la restauration, l’hébergement et l’entretien général des lycées dont elle a la charge. Cette répartition aide à comprendre pourquoi parler simplement d’un lycée « ouvert » ou « fermé » masque plusieurs services différents.
À quelques kilomètres de là, Montebello montre que la réponse n’est pas uniforme. Mardi 29 septembre, les cours avaient été suspendus dans ce lycée lillois alors que son accès était bloqué. Le lendemain, des manifestants se trouvaient de nouveau devant l’entrée et les forces de l’ordre les ont dispersés au gaz lacrymogène, selon des images de l’AFP.
Les sources publiques disponibles ne précisent pas pourquoi Baggio a retenu l’enseignement à distance quand Montebello a suspendu ses cours, ni ce qu’ont choisi les autres établissements concernés. Les textes laissent en tout cas une marge d’appréciation locale selon la situation.
Mardi matin, la préfecture indiquait à l’AFP que douze lycées du Nord étaient concernés par des perturbations. Aucun bilan académique détaillé trouvé mercredi soir ne permet de distinguer ceux qui ont continué leurs enseignements normalement, ceux qui les ont suspendus et ceux qui ont choisi une solution à distance.
À cette échelle, « ouvert » et « fermé » décrivent mal à eux seuls la situation. Il faut aussi savoir si les cours peuvent avoir lieu, si les élèves peuvent accéder au site et si l’établissement doit continuer à assurer restauration et hébergement.
À César-Baggio, la réponse du 30 septembre a été de maintenir le lycée comme lieu de vie tout en retirant temporairement les cours de ses salles. La direction n’a pas fixé dans son message de date de reprise en présentiel : elle indique seulement qu’elle informera les familles dès que celle-ci sera possible. Pour les externes, la prochaine étape est donc le retour en classe. Pour les internes, le lycée, lui, n’a pas cessé de fonctionner.
Sources consultées
- Lycée César-BaggioMessages aux familles / Journée de mercredi 30 septembre 2026
- LégifranceCode de l’éducation, article R421-12
- ÉduscolPréparer son plan de continuité pédagogique
- LégifranceCode de l’éducation, article L214-6
- AFP Video via BoursoramaBlocus des lycées : la police disperse les étudiants à Lille
- AFP via BoursoramaBlocus des lycées : la mobilisation se poursuit et s’amplifie