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À Lille, 500 000 euros pour faire passer le « stérilet masculin » du prototype aux preuves

STEOM, implant contraceptif masculin mécanique et réversible développé à Lille, reçoit 500 000 euros pour franchir l’étape préclinique.

Illustration - Implant contraceptif masculin STEOM à Lille

À Lille, STEOM vient de décrocher un Grand Prix i-Lab et 500 000 euros. Pour ce dispositif souvent surnommé « stérilet masculin », l’argent arrive au moment où commence la partie décisive : démontrer qu’un mécanisme agissant sur le canal déférent peut empêcher durablement le passage des spermatozoïdes, puis être retiré sans compromettre la fertilité. Aujourd’hui, STEOM reste en développement et son efficacité contraceptive chez l’humain n’est pas démontrée.

Le principe est volontairement mécanique. STEOM est conçu pour agir sur le transport des spermatozoïdes sans hormones et sans modifier leur production. L’équipe vise une méthode de longue durée, réversible, posée en ambulatoire sous anesthésie locale. Le CIC-IT annonçait les premiers essais précliniques pour mai 2026, avec l’Université de Liège. C’est à ce stade que le prototype quitte le domaine de la bonne idée pour rencontrer les contraintes d’un organisme vivant.

Car interrompre un conduit est une chose. Concevoir un dispositif qui reste correctement positionné, n’endommage pas le canal, conserve son effet pendant plusieurs années et permette ensuite un retour de la fertilité en est une autre. Ces difficultés ne sont pas propres à STEOM. Le 22 septembre 2026, l’Organisation mondiale de la santé a publié ses premiers profils-cibles pour les nouveaux contraceptifs masculins, avec une catégorie consacrée au blocage du transport des spermatozoïdes. Efficacité, sécurité, réversibilité et acceptabilité font partie des critères que ces méthodes devront satisfaire.

Le préservatif est réversible et utilisé à chaque rapport ; la vasectomie offre une contraception durable mais relève d’une démarche de stérilisation dont la réversibilité ne peut être garantie. Or son recours progresse rapidement en France : EPI-PHARE a recensé 57 666 vasectomies en 2025, contre 32 172 en 2022. Cette hausse ne prouve pas qu’un marché attend STEOM, mais elle montre que beaucoup plus d’hommes qu’il y a quelques années choisissent une méthode contraceptive durable.

Les 500 000 euros obtenus avec i-Lab servent précisément à financer cette traversée entre prototype et dispositif médical. Le concours soutient des programmes de recherche et développement destinés à finaliser une technologie. Pour STEOM, Dominique Prasivoravong, qui porte le projet entrepreneurial, indique que l’enveloppe doit notamment financer des recrutements, les essais précliniques puis cliniques, la levée de verrous technologiques ainsi que le travail réglementaire, qualité et production. Le détail du budget et le jalon exact que ces 500 000 euros doivent permettre d’atteindre ne sont pas publics.

À Lille, le projet repose sur une chaîne de compétences allant de l’andrologie du CHU à la biomécanique, l’ingénierie et l’évaluation clinique du CIC-IT, avec l’Université de Lille et les structures locales de maturation. STEOM avait déjà remporté en 2024 le premier prix du concours d’innovation du PUI Lille. i-Lab lui donne désormais des moyens nationaux pour affronter une étape que les prix précédents ne pouvaient pas remplacer : produire des données.

Le CIC-IT évoque des premiers essais cliniques vers 2031, sous réserve du parcours préclinique. C’est un objectif de l’équipe, pas une date acquise. À Lille, le prochain verdict qui comptera pour STEOM viendra donc de la préclinique, pas d’un jury.

Sources consultées
  1. CHU de LilleContraception masculine : le projet STEOM remporte le Grand Prix I-Lab 2026
  2. CIC-IT LilleÀ propos de STEOM
  3. EPI-PHARELa vasectomie en France entre 2010 et 2025
  4. Organisation mondiale de la santéTarget product profiles for development of novel male contraceptive methods
  5. Ministère de l’Enseignement supérieur et de la RechercheFrance 2030 : 109 lauréats récompensés lors de la cérémonie 2026 des concours d’innovation de l’État
  6. Université de LilleConcours d’innovation : six projets liés à l’Université de Lille distingués