
À Saint-Sauveur, on fait désormais du judo au-dessus d’une salle polyvalente, puis du basket encore un étage plus haut. Le Triplex, nouveau complexe sportif municipal de Lille, est ouvert depuis la rentrée aux clubs, associations et scolaires. Ses 2 300 m² réunissent sur trois niveaux danse et gymnastique, deux tatamis, puis une grande salle pour le basket, le volley et le badminton. Des activités pour enfants y avaient déjà été organisées pendant l’été.
Cette superposition donne au bâtiment son étrangeté et impose des choix de construction inhabituels. Les deux premiers niveaux reposent sur une structure préfabriquée en béton. Au sommet, la salle de sports collectifs passe sous quatre arches de bois inversées, dessinées pour apporter de la lumière naturelle sans envoyer de soleil direct sur le terrain.
Le Triplex s’inscrit dans la transformation de l’ancienne gare de marchandises Saint-Sauveur. Le projet architectural remonte à un concours gagné en 2018. En 2019, l’État avait retenu pour le complexe une opération évaluée à 6,287 millions d’euros, dont 2,5 millions au titre de la dotation politique de la ville. Une aide de 498 000 euros de l’Agence nationale du sport s’y est ajoutée. À l’inauguration, le maire Arnaud Deslandes a annoncé un coût de 9,6 millions d’euros pour le projet achevé et cité également la Métropole européenne de Lille et le Département parmi les financeurs. Le montant de 6,287 millions correspondait à la base de l’opération retenue en 2019, avant le coût annoncé à l’achèvement.
Ce parcours financier va avec un calendrier inhabituellement long. En janvier 2023, la préfecture a prolongé le délai de commencement de l’opération. L’arrêté attribue le report du démarrage des travaux à l’annulation, en 2021, de délibérations métropolitaines concernant le projet Saint-Sauveur. Il souligne aussi que l’équipement doit notamment répondre aux besoins des habitants des quartiers prioritaires et que la subvention de politique de la ville constitue une part essentielle de son financement. Le chantier a finalement commencé en février 2024.
À cette histoire urbaine et administrative s’ajoute un objectif énergétique exigeant pour une salle de sport. Le projet vise le standard Passivhaus, avec des besoins de chauffage annoncés sous 15 kWh par mètre carré et par an. Isolation renforcée, ventilation double flux, rafraîchissement nocturne par l’air extérieur et récupération des eaux de pluie dans un bassin de 150 m³ font partie du dispositif. Le statut final de la certification reste toutefois ambigu : la Ville parle encore d’un objectif, tandis qu’un bureau d’études du projet présente le bâtiment comme certifié Passivhaus et E3C1.
Pour mettre en service ces trois plateaux sportifs, il aura fallu faire tenir ensemble un programme commencé en 2018, plusieurs financeurs publics, un projet urbain retardé par le contentieux et une exigence énergétique rarement appliquée à ce type d’équipement. Depuis septembre, cet assemblage administratif et technique a une traduction beaucoup plus ordinaire : des écoles, des clubs et une dizaine d’associations disposent désormais de créneaux rue Camille-Guérin.
Sources consultées
- Ville de LilleTriplex, complexe sportif à Saint-Sauveur
- Préfecture du NordArrêté préfectoral prolongeant le délai de commencement d’exécution pour la construction du complexe sportif Saint-Sauveur
- Agence nationale du sportPlan de rattrapage des équipements sportifs en QPV métropolitains
- Bureau faceBSalle multisports Passivhaus, Lille Saint-Sauveur
- Bollinger+GrohmannSalle multisports Passivhaus