
À L’hybride, rue Gosselet à Lille, la littérature déborde désormais sur les murs, le sol et le plafond. À partir de ce 19 septembre et jusqu’au 31 octobre, cinq artistes transforment des textes de George Sand, Virginia Woolf, Marguerite Duras, Colette et de l’Ukrainienne Tamara Duda en cinq créations immersives réunies dans un programme d’environ quarante minutes.
Les œuvres ne suivent pas une recette commune. Célia Bétourné part de Marguerite Duras pour Détruire, une pièce dans laquelle une machine associe en temps réel mots, photographies et archives sonores de l’INA : la combinaison change à chaque activation. Thelma Gonnet adapte Sido, son court métrage inspiré de Colette, autour d’une enfant et de sa mère. Svitlana Reinish travaille, elle, à partir de Daughter, le roman de Tamara Duda situé dans le Donbass après l’occupation de Donetsk en 2014.
Louise Postel s’empare d’Indiana de George Sand, tandis que Shih-Yen Huang part de la sœur fictive de Shakespeare imaginée par Virginia Woolf dans Une chambre à soi. Cinq écritures, donc, mais aussi cinq manières d’utiliser animation, voix, archives, musique ou projection plutôt qu’une succession de pages agrandies sur écran.
Ce programme arrive au moment où L’hybride change lui-même de rôle. Connu depuis des années à Lille pour le court métrage, L’hybride, porté par Rencontres Audiovisuelles, a rouvert en 2026 après plusieurs mois de travaux avec une salle de 140 m² conçue pour la diffusion immersive et interactive. Murs, sol et plafond peuvent devenir surfaces de projection. Le projet a notamment été soutenu dans le cadre de l’appel France 2030 « Culture immersive et métavers ».
Deux des cinq pièces présentées, Détruire et Daughter, ne sont d’ailleurs pas simplement accueillies rue Gosselet : elles sont issues de résidences organisées par Rencontres Audiovisuelles dans le cadre du Video Mapping European Center. L’association, créée en 1998 et implantée dans les Hauts-de-France, y réunit notamment artistes, techniciens et chercheurs autour de nouvelles créations.
Le 19 septembre, le court métrage de Thelma Gonnet, produit dans le cadre du dispositif Première page, est présenté au Festival international du court métrage de Lille. Son adaptation immersive rejoint ensuite le programme de L’hybride.
« Au-delà des lignes – Romancières en lumière » est programmé les mercredis, samedis et dimanches, avec des séances supplémentaires pendant les vacances scolaires. Le plein tarif est fixé à 11 €, le tarif réduit à 9 €, pour un public à partir de 12 ans. Les séances peuvent être réservées sur la billetterie officielle de L’hybride.
Rue Gosselet, l’intérêt tient moins à la juxtaposition de cinq signatures qu’au lieu qui les accueille : une salle où un texte, un court métrage ou une résidence peuvent devenir matière à projection.
Sources consultées
- L’hybride – Rencontres AudiovisuellesL’hybride immersif | AU-DELÀ DES LIGNES – Romancières en lumière
- L’hybride – Rencontres AudiovisuellesÀ propos
- Rencontres AudiovisuellesRésidences
- Festival International du Court Métrage de LilleAvant-première : Première page
- Département du NordL’hybride immersif | AU-DELÀ DES LIGNES – Romancières en lumière