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Diphtérie à Dunkerque : comment un seul cas déclenche toute une chaîne sanitaire

Après un cas détecté à Dunkerque, soignants, pompiers, médecine du travail, ARS et associations participent à la recherche des personnes réellement exposées.

Illustration - enquête sanitaire à Dunkerque

Un cas de diphtérie à Corynebacterium diphtheriae a été diagnostiqué chez un patient hospitalisé à Dunkerque le 11 septembre. Il est toujours hospitalisé au CHU de Lille. Depuis, l’enquête sanitaire vise aussi à retrouver les personnes avec lesquelles il a eu des contacts présentant un risque de transmission.

Les soignants du centre hospitalier et les sapeurs-pompiers identifiés comme contacts à risque ont reçu un traitement antibiotique préventif. Leurs services de santé au travail vérifient également leur vaccination et organisent une mise à jour si nécessaire. L’ARS poursuit le même travail pour les autres personnes potentiellement exposées.

Ce déploiement autour d’un seul malade tient au résultat des analyses. La bactérie identifiée chez le patient porte le gène permettant la production de la toxine diphtérique, celle qui peut provoquer les complications graves de la maladie. La présence de ce gène entraîne aussi la déclaration obligatoire et les mesures prévues autour des contacts. Les recommandations du Haut Conseil de la santé publique prévoient, lorsqu’un C. diphtheriae porteur de ce gène est identifié, des prélèvements puis une antibiothérapie immédiate chez les contacts concernés, avec vérification de leur statut vaccinal.

La difficulté consiste donc à retrouver les bonnes personnes plutôt qu’à élargir les mesures à toute la ville. L’ARS indique que le patient a notamment pu séjourner dans des campements de personnes récemment arrivées en France sur le littoral dunkerquois. Elle travaille avec les associations présentes sur place pour compléter l’identification des contacts et assurer leur prise en charge préventive. Cette information ne permet pas de déterminer où le patient a été contaminé.

La maladie reste rare, mais elle n’a pas disparu de l’Hexagone. Santé publique France a recensé en 2025 quatorze cas de diphtérie à C. diphtheriae en France hexagonale, contre quinze en 2024. Sept des quatorze cas de 2025 n’avaient pas de lien identifié avec un voyage ou un séjour à l’étranger. Des analyses génétiques ont aussi montré une transmission récente compatible avec une circulation de la bactérie parmi certaines populations précaires en Île-de-France. Les chiffres restent faibles, mais ils expliquent pourquoi le dispositif de surveillance demeure actif.

À Dunkerque, aucune mesure visant l’ensemble de la population n’a été annoncée à ce stade. Les mesures annoncées visent les contacts jugés à risque. Le nombre de personnes encore recherchées n’a pas été communiqué. C’est désormais sur ce travail de terrain, de l’hôpital aux associations du littoral, que repose la possibilité d’arrêter la chaîne de transmission au cas détecté le 11 septembre.

Sources consultées
  1. Agence régionale de santé Hauts-de-FranceIdentification d’un cas de diphtérie dans le Dunkerquois
  2. Santé publique FranceDiphtérie - Données
  3. Haut Conseil de la santé publiqueAvis relatif à la conduite à tenir autour d’un cas de diphtérie, compléments à l’avis de 2011
  4. Haut Conseil de la santé publiqueConduite à tenir lors de l’apparition d’un cas de diphtérie