
À Haubourdin, l’ancienne friche Lever pourrait accueillir une chaufferie biomasse de 63 MW capable de produire 215 GWh de chaleur par an. Coût prévu : environ 90 millions d’euros. Sa particularité tient surtout à son rôle dans le futur réseau de chaleur lillois : elle doit fournir environ 34 % de ses besoins, alors que ce réseau passera de 25 000 à 75 000 équivalents-logements et atteindra près de 188 km. L’ensemble du programme métropolitain représente 366 millions d’euros d’investissements.
Le futur système ne reposera pourtant pas d’abord sur le bois. Le mix annoncé prévoit 61 % de chaleur récupérée, notamment à partir du centre de valorisation des déchets d’Halluin, des eaux usées et de procédés industriels, 34 % de biomasse et 5 % de gaz. La chaufferie d’Haubourdin doit donc apporter la production pilotable qui complète ces ressources récupérées, particulièrement pendant la saison de chauffe. Le gaz resterait utilisé pour l’appoint et le secours.
Le choix d’Haubourdin tient aussi à la géographie. La Métropole avait identifié la friche Lever comme site possible de production énergétique. Ses quelque 5 hectares sont assez proches du futur réseau et surtout directement accessibles depuis la Deûle. Cette dernière doit devenir la voie d’entrée du combustible.
À terme, la chaufferie consommerait environ 65 000 tonnes de biomasse par an. Plus de la moitié serait constituée de bois en fin de vie, avec aussi des déchets verts et des plaquettes paysagères, bocagères ou forestières. Le dossier prévoit 75 % de l’approvisionnement dans un rayon inférieur à 25 km et la totalité à moins de 100 km. Le combustible serait acheminé par péniche, en moyenne cinq jours par semaine. Selon le porteur du projet, ce choix éviterait la circulation de 160 camions par semaine par rapport à un approvisionnement entièrement routier.
D’autres solutions ont été examinées. D’après le dossier de concertation, les ressources géothermiques locales seraient trop peu puissantes pour un réseau de cette taille, tandis que le solaire thermique produit surtout lorsque les besoins de chauffage sont faibles. Ces conclusions sont celles du concessionnaire et éclairent le compromis retenu : récupérer autant de chaleur que possible, puis disposer d’une source renouvelable pilotable lorsque la demande augmente.
Haubourdin doit également profiter directement de l’extension. Vingt-huit bâtiments y sont déjà identifiés pour un raccordement, dont la mairie, des établissements scolaires, trois établissements de santé et plusieurs résidences. Cela représente environ 2 000 équivalents-logements.
La chaufferie n’est cependant pas encore autorisée. Ilénergie prévoit de déposer sa demande d’autorisation environnementale à la fin de 2026, avant une enquête publique et une décision préfectorale. L’étude détaillée des émissions atmosphériques, de leur dispersion et des risques sanitaires doit notamment être rendue publique à cette occasion. Si les autorisations sont obtenues, les travaux pourraient commencer en 2028 pour une mise en service envisagée en 2030.
La concertation ouverte ce 14 septembre court jusqu’au 25 octobre. Les habitants peuvent déposer un avis ou une question sur la plateforme du projet. Si la chaufferie est autorisée, c’est sur cette friche au bord de la Deûle que les péniches de biomasse devront accoster presque chaque jour ouvré.
Sources consultées
- ilénergie / DalkiaDossier de concertation du projet de création d’une chaufferie biomasse à Haubourdin
- Métropole Européenne de Lille366 millions d’euros pour 110 km de réseau de chaleur supplémentaires : la MEL investit pour une énergie locale et souveraine au service de 75 000 foyers
- ilénergie / DalkiaLa concertation préalable