
Près de 3,9 tonnes de cocaïne ont été saisies lundi 7 septembre au port de Dunkerque. Selon le Parquet national anticriminalité organisée (PNACO), cité par l’AFP, les douaniers ont découvert 167 ballots dissimulés dans des déchets de plastique, dans un conteneur venu du Ghana qui devait poursuivre sa route vers Anvers. La cargaison est estimée à 225 millions d’euros. L’enquête a été confiée à l’Ofast.
À Dunkerque, ce n’est plus un épisode isolé. Les 7, 12 et 18 février, la Douane avait intercepté successivement 1,9 tonne, 8,4 tonnes et 2,8 tonnes de cocaïne, soit plus de 13 tonnes en moins de deux semaines.
Ces volumes donnent une actualité brutale à un diagnostic posé deux ans plus tôt. Devant la commission d’enquête du Sénat sur le narcotrafic, la Jirs de Lille qualifiait en janvier 2024 le port de Dunkerque d’« angle mort ». Elle estimait que la faiblesse des saisies révélait une insuffisance des moyens de ciblage et de détection, alors que de nouvelles lignes maritimes s’ouvraient.
Depuis, le port a continué de grossir. Environ 747 000 conteneurs y ont été manutentionnés en 2025 et le trafic conteneurisé a presque doublé depuis 2018, selon Bercy. Dans une telle masse de marchandises, contrôler davantage ne consiste pas simplement à ouvrir davantage de boîtes : il faut repérer celles qui méritent une inspection sans gripper les flux commerciaux.
L’État a donc engagé un rattrapage. Une brigade de surveillance extérieure portuaire, annoncée pour le 1er septembre, doit se consacrer exclusivement aux marchandises maritimes, avec 25 agents au départ et 37 prévus à la mi-2027. Le port dispose depuis fin 2024 d’un scanner mobile de basse intensité. Un scanner mobile de haute intensité est prévu avant la fin de cette année, puis un équipement fixe de nouvelle génération à l’horizon 2030.
La proximité des dates ne permet pas d’attribuer la saisie du 7 septembre à cette nouvelle organisation : le PNACO l’attribue à la Brigade de surveillance extérieure du port, sans établir publiquement le lien avec la brigade annoncée par Bercy. Mais la succession des prises explique pourquoi Dunkerque n’est plus traité comme un point secondaire du dispositif.
Les tonnages saisis ne mesurent d’ailleurs pas directement les tonnages qui circulent. Davantage de prises peut signifier davantage de cocaïne, une meilleure détection, ou les deux. À Dunkerque, les moyens de contrôle essaient désormais de suivre la croissance d’un port où 747 000 conteneurs ont été manutentionnés l’an dernier.
Sources consultées
- Direction générale des douanes et droits indirectsSaisies exceptionnelles de cocaïne au port de Dunkerque : 13 tonnes interceptées
- Ministère de l’Action et des Comptes publicsEn déplacement à Dunkerque, David Amiel annonce le renforcement des moyens humains et technologiques de la Douane dédiés au port
- SénatCommission d’enquête sur l’impact du narcotrafic en France, compte rendu de la semaine du 15 janvier 2024
- AFP via BoursoramaPrès de 3,9 tonnes de cocaïne, pour 225 millions d'euros, saisies à Dunkerque