
À Dunkerque, la croisière ne se résume plus à voir un paquebot entrer au port pour quelques heures. Après six escales en 2024, Dunkerque-Port en prévoyait une trentaine en 2026, dont 16 pour le Renaissance de la Compagnie Française de Croisières. Désormais, certaines croisières partent de Dunkerque et y reviennent.
Accueillir un navire en transit demande un quai et des services portuaires. Devenir une « tête de ligne » oblige aussi à prendre en charge des centaines de voyageurs avec leurs voitures, leurs bagages et leurs formalités d’embarquement.
À Dunkerque, cette nouvelle mécanique fonctionne sans terminal de croisière dédié. Les passagers de CFC se présentent au Pavillon des Maquettes, route de l’Écluse-Trystram. Les automobilistes y déposent passagers et bagages, stationnent ensuite dans l’enceinte du port et reviennent en navette. Un autre transfert les conduit jusqu’au navire. CFC indique des rotations toutes les 15 à 20 minutes entre le parking et le pavillon.
Les quais existent déjà, mais une tête de ligne ajoute d’autres flux à organiser : voitures, bagages, contrôles et transferts de passagers. Cette chaîne terrestre doit fonctionner avant même que le navire appareille.
La géographie joue en faveur de Dunkerque. Depuis le port, CFC propose notamment des itinéraires vers les îles Britanniques, les fjords norvégiens, l’Islande, les Féroé ou la Baltique. Le port sait déjà transporter massivement des voyageurs : 1,6 million de passagers y ont emprunté les ferries en 2025. La croisière mobilise toutefois une organisation distincte, liée à l’embarquement et au débarquement de voyageurs pour plusieurs jours.
Cette organisation repose pour l’instant sur des équipements polyvalents. Le syndicat CNTPA, qui évoquait près de 15 000 passagers sur la saison du Renaissance, a proposé au Grand Port maritime d’étudier une gare maritime dédiée au quai Freycinet 12. Ce n’est pas, à ce stade, un projet décidé par Dunkerque-Port.
Le système actuel permet donc déjà à Dunkerque d’exercer un nouveau rôle sans infrastructure spécialisée. Si les départs réguliers se maintiennent au fil des saisons, ce sont le Pavillon des Maquettes, les parkings, les navettes et le quai Freycinet 12 qui diront jusqu’où cette organisation peut monter en charge.