
À Quaëdypre, le manoir du Blauwhuys est le site du Nord retenu par la Mission Patrimoine 2026. Pour cette demeure entourée de douves, la priorité n’est pourtant pas de retrouver un lustre perdu : il faut d’abord empêcher l’eau d’entrer, sans effacer ce que plusieurs siècles ont laissé dans ses murs.
Le bâtiment principal remonte au XVIe ou au XVIIe siècle. Une chapelle a été bâtie ou rebâtie en 1752, une grange en 1754. Sur sa motte carrée, le domaine conserve ses briques jaunes, ses tours d’angle, sa cour et ses douves. Façades et toitures du manoir, piliers d’entrée, muret de la cour avec ses quatre statues et douves sont inscrits au titre des monuments historiques depuis 1978. Selon une tradition rapportée par la Fondation du patrimoine, le nom Blauwhuys viendrait du flamand « blauw huis », la « maison bleue », en souvenir d’une ancienne couleur de toiture.
La toiture actuelle, elle, n’est plus étanche. La Fondation du patrimoine décrit des infiltrations chroniques qui dégradent la charpente et les planchers, avec un risque de mérule, ainsi que des menuiseries extérieures en mauvais état. Le premier chantier doit donc porter sur le clos et couvert : charpente et couverture, maçonneries à la chaux et restauration des fenêtres à croisée.
C’est dans la méthode que ce chantier prend une dimension particulière. Les propriétaires privés, dont l’un est architecte du patrimoine, annoncent une restauration « frugale et réversible », menée avec l’Architecte des Bâtiments de France. Le projet prévoit notamment du chanvre-chaux, de la laine de bois ou du liège pour améliorer les performances énergétiques avec des matériaux compatibles avec le bâti ancien. L’objectif est de réparer le Blauwhuys sans gommer les techniques, les matériaux et les formes qui permettent encore de reconnaître cette maison de maître rurale flamande.
La sélection annoncée le 31 août doit ouvrir droit à une aide de la Mission Patrimoine, dont le montant n’est pas encore connu. À Quaëdypre, la première étape est de toute façon beaucoup plus matérielle : retrouver, sous les ardoises du manoir, une charpente et des planchers enfin à l’abri de la pluie.