
La Métropole européenne de Lille ouvre jusqu’au 28 septembre la discussion sur son Plan climat 2027-2032. À ce stade, aucune nouvelle mesure n’est arrêtée : habitants, salariés, étudiants et autres personnes qui fréquentent la métropole sont invités à dire quelles actions leur paraissent prioritaires et, surtout, ce qui empêche aujourd’hui de les mettre en œuvre. Ils peuvent répondre au questionnaire habitants, en choisissant une ou plusieurs des cinq thématiques proposées.
Derrière les cinq rubriques, la MEL met en discussion des choix qui touchent directement à son fonctionnement. Pour les déplacements, faut-il surtout améliorer la fréquence et la proximité des transports collectifs, compléter les itinéraires cyclables, faciliter le covoiturage ou la recharge électrique ? Pour les logements, les obstacles proposés vont du financement des rénovations au manque d’entreprises qualifiées, en passant par les copropriétés et les contraintes techniques. Le questionnaire aborde aussi le solaire sur les toitures et parkings, la récupération de chaleur industrielle, les réseaux de chaleur, l’adaptation des logements aux canicules et les économies d’eau.
Ces sujets n’ont pas le même poids dans la métropole. La MEL continue d’estimer que les transports représentent environ 40 % des émissions de gaz à effet de serre du territoire métropolitain. Et lors de l’évaluation de son Plan climat actuel, la mobilité concentrait de loin le plus gros effort financier, devant la rénovation des logements. C’est une particularité importante du PCAET : il ne constitue pas une politique isolée. Il met en cohérence des investissements et des décisions qui relèvent déjà des transports, de l’habitat, de l’énergie, de l’aménagement ou de l’eau.
Le bilan à mi-parcours du plan 2021-2026 donne aussi une raison de regarder de près le suivant. À la fin de 2023, la MEL évaluait son programme à 59,9 % d’avancement et indiquait que 95 % des opérations étaient engagées ou achevées. Mais compter les opérations engagées ne suffisait pas à établir leur efficacité climatique. Certaines mesures n’avaient pas d’objectif chiffré et les dernières données territoriales consolidées alors disponibles sur les émissions dataient de 2020, avant même l’adoption du plan. Une estimation pour 2021 donnait une baisse de 12,7 % des émissions directes par rapport à 2015, sans permettre d’attribuer cette évolution au PCAET.
Pour le prochain plan, la difficulté sera donc de mieux relier les moyens engagés aux résultats obtenus.
La consultation actuelle intervient avant la rédaction définitive, dans le cycle de mise à jour tous les six ans imposé par le Code de l’environnement. Les contributions doivent être analysées cet automne, puis un premier projet soumis au Conseil métropolitain d’ici la fin de l’année. Une nouvelle phase de consultation suivra en 2027 avant le vote final prévu en juin. Les habitants peuvent donc intervenir maintenant, avant que la MEL formalise ses choix pour 2027-2032.
Sources consultées
- Métropole européenne de LilleLe climat change, ensemble on agit !
- Métropole européenne de LilleJe réponds au questionnaire habitants
- Métropole européenne de LilleÉvaluation intermédiaire du PCAET 2021-2026
- Métropole européenne de LilleProjets métropolitains cofinancés en 2025
- LégifranceArticle L229-26 du Code de l’environnement