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À Tourcoing, le gilet violet signifie « ne pas interrompre »

Au CH de Tourcoing, des gilets violets et des affichages signalent les tâches à ne pas interrompre. La HAS recommande ce type d’alerte visuelle depuis 2016.

Illustration - Gilet violet de soignant à Tourcoing

Au Centre hospitalier de Tourcoing, un gilet violet signale qu’un professionnel effectue une tâche qui réclame toute son attention. L’établissement a également posé des affichages sur les chariots de soins et des posters dans les chambres des patients et les salles de soins. Le dispositif vise notamment les interruptions pendant la préparation ou l’administration des traitements et la réalisation d’actes de soins.

Le dispositif rend visible un problème ordinaire de l’hôpital. Une question d’un collègue, un téléphone, une demande d’un patient ou une autre sollicitation peuvent interrompre une séquence qui doit être menée dans le bon ordre. Pour le médicament, le moment est particulièrement sensible : la Haute Autorité de santé rappelle que l’administration est la dernière étape avant le patient et qu’elle permet encore d’intercepter certaines erreurs commises en amont.

Le gilet n’est pas une invention tourquennoise. La HAS propose depuis 2016 des alertes visuelles pour identifier une personne qui effectue une tâche à ne pas interrompre : affiche, brassard, gilet ou zone protégée. Son guide montre même un gilet portant la mention « préparation de médicaments, ne pas déranger ». Le principe est assez simple pour être compris immédiatement par les collègues, les patients et les visiteurs.

Le gilet, à lui seul, ne suffit pas. Certaines interruptions sont justifiées. Les équipes doivent donc déterminer quelles tâches protéger, quelles sollicitations peuvent attendre et comment répondre autrement aux demandes pendant ces quelques minutes. La HAS recommande aussi de retirer le gilet dès la fin de l’activité afin que le signal ne devienne pas un élément du décor. Son retour d’expérience auprès de 20 équipes dans sept régions montre d’ailleurs que les interruptions viennent souvent des collègues eux-mêmes : la question relève autant de l’organisation collective que de la concentration individuelle.

Le CH n’a pas publié le périmètre des services concernés ni d’évaluation de ses effets. Aucun résultat local ne permet donc, à ce stade, d’attribuer au dispositif une baisse des erreurs. Pour l’instant, il rend surtout immédiatement visibles les moments où un soignant ne devrait pas être interrompu.

À Tourcoing, le gilet violet rend le message impossible à manquer : lorsqu’il apparaît, une tâche en cours réclame toute l’attention du soignant.

Sources consultées
  1. Centre Hospitalier de TourcoingLimiter les interruptions de tâches pour renforcer la sécurité des soins
  2. Haute Autorité de santéInterruptions de tâche lors de l’administration des médicaments
  3. Haute Autorité de santéL’interruption de tâche lors de l’administration des médicaments