
Le musée de Valenciennes se rénove aussi loin des échafaudages. Valenciennes Métropole vient de remettre en concurrence deux spécialités très précises : la restauration du métal archéologique et historique, et celle des cadres. La première procédure avait été déclarée sans suite pour ces deux lots, faute de concurrence effective. Les nouvelles offres sont attendues jusqu’au 21 septembre.
Le vocabulaire du marché public est sec, mais son découpage raconte bien le travail en cours. La consultation initiale distinguait sept familles : peintures, arts graphiques, métal, céramique et verre, matériaux organiques, cadres et sculptures. Pour les deux lots relancés, le prix ne représente que 30 % de la note. Méthode de restauration, équipement des ateliers, qualifications et expérience de l’équipe comptent davantage dans le choix. On ne confie donc pas un cadre ancien ou un objet archéologique sur le seul prix, sans regarder de très près qui va le manipuler et comment.
Cette spécialisation n’est pas nouvelle dans le chantier valenciennois. En janvier 2024, le musée indiquait déjà avoir mobilisé 35 restaurateurs pour ses œuvres. Avant même leur départ, celles-ci passent par des constats d’état, des traitements préventifs, des démontages parfois complexes, l’emballage et le stockage. Certaines peintures et sculptures ont été traitées contre les insectes ou les moisissures. La rénovation du bâtiment a donc ouvert, en parallèle, un chantier des collections.
Le musée conserve environ 15 000 œuvres et objets. Inauguré boulevard Watteau en 1909, il rassemble Rubens, Watteau ou Carpeaux, mais aussi une collection archéologique ancrée dans le territoire, avec notamment des découvertes de Famars et de la vallée de l’Escaut. Pendant les travaux, certaines œuvres circulent dans d’autres musées tandis que d’autres passent par les ateliers.
Le bâtiment connaît lui-même une transformation à 18 millions d’euros. Ses verrières, qui occupent environ 80 % de la toiture, doivent être remplacées. Le chantier a même nécessité l’installation d’un immense « parapluie » d’acier au-dessus du musée pour travailler sur le toit à l’abri. Deux grands Rubens, roulés pour pouvoir être déplacés pendant les travaux, doivent bénéficier d’une restauration approfondie et d’une étude complète.
La relance des lots métal et cadres permet surtout d’apercevoir ce que le chantier architectural laisse moins voir : avant de raccrocher les œuvres sous les nouvelles verrières du boulevard Watteau, il faut encore les examiner, les stabiliser, restaurer leurs matières et parfois leurs cadres, une par une.
Sources consultées
- BOAMPPrestations de conservation et de restauration des collections du Musée des Arts et de l’Archéologie de Valenciennes Métropole, avis n° 26-81687
- Portail des marchés publics 59-62-80Prestations de conservation et de restauration des collections du musée, consultation 2026061
- Ville de ValenciennesProjet de rénovation et de modernisation du Musée
- Musée des Arts et de l’Archéologie de ValenciennesGazette des travaux n° 2, Un chantier… des collections !