
À Armentières et Houplines, 15 hectares d’anciennes friches industrielles doivent devenir un quartier d’environ 800 logements, avec une école, des équipements et des espaces publics végétalisés. Du 31 août au 30 septembre, une enquête publique examinera l’utilité publique du projet et les parcelles nécessaires à sa réalisation.
Le chantier a déjà commencé sur une première phase de 286 logements et un groupe scolaire. La MEL annonce y consacrer 7,9 millions d’euros. Mais une partie des terrains du projet complet n’appartient encore ni à la Métropole ni à l’établissement public foncier. La déclaration d’utilité publique recherchée pourrait, si elle est prononcée, permettre leur acquisition par expropriation. La procédure doit donc aussi permettre à la MEL de poursuivre la maîtrise foncière du futur quartier.
Le sous-sol est l’autre héritage du lieu. Filatures, tissages, teintureries, mais aussi métallurgie et serrurerie se sont succédé dans ce secteur depuis la fin du XIXe siècle. L’étude historique du site recense au moins 25 anciens sites industriels. Des investigations antérieures ont relevé selon les secteurs des hydrocarbures, des métaux lourds et des solvants chlorés. Surtout, la Mission régionale d’autorité environnementale estime que le diagnostic reste incomplet et demande des investigations sur l’ensemble de la zone.
La présence d’une future école renforce la contrainte. L’autorité environnementale recommande de privilégier pour les établissements accueillant des enfants des terrains non pollués et de vérifier, avant les constructions, la compatibilité des sols avec leurs futurs usages. Réutiliser ce foncier déjà urbanisé signifie aussi traiter l’histoire industrielle inscrite dans le terrain.
Des comptages réalisés en mai 2025 évaluent à environ 12 000 véhicules par jour le trafic sur l’axe des rues des Déportés et Victor-Hugo. La modélisation atteint environ 16 000 véhicules à l’achèvement du projet, soit 28 % de plus, avec un carrefour déjà difficile qui se dégraderait encore. Le dossier prévoit notamment d’y remplacer des stops par des feux. La MRAe demande aussi de mieux relier le quartier à la gare et au réseau cyclable pour éviter que les nouveaux logements ne se traduisent mécaniquement par davantage de voitures.
À Armentières et Houplines, la première phase est déjà engagée, mais l’enquête doit encore permettre d’avancer sur les terrains nécessaires à la suite du quartier. À partir du 31 août, les habitants pourront déposer une contribution sur le registre numérique de l’enquête, jusqu’au 30 septembre à 17 heures.
Sources consultées
- Préfecture du NordArrêté préfectoral du 26 juin 2026 prescrivant l’ouverture de l’enquête publique
- Métropole Européenne de LilleEnquête publique sur le projet de reconversion des franges industrielles
- Registre NumériqueDUP et parcellaire Franges industrielles
- Mission régionale d’autorité environnementale Hauts-de-FranceAvis sur le projet de reconversion des « Franges industrielles » des communes d’Armentières et d’Houplines