
Dunkerque-Port cherche un prestataire pour accompagner pendant quatre ans l’élaboration, l’animation et le suivi de son plan d’adaptation au changement climatique. Publié le 15 août, l’accord-cadre est plafonné à 490 000 € HT. Les candidatures sont attendues jusqu’au 17 septembre.
L’accord-cadre ne finance pas les travaux eux-mêmes. Il doit organiser et suivre un programme qui, lui, concerne des ouvrages très physiques. La circonscription du Grand Port Maritime de Dunkerque est installée dans un polder, dépendant notamment de digues, d’écluses et de dispositifs d’évacuation des eaux. Le port dépense déjà environ 650 000 euros par an pour recharger en sable le pied de certaines digues et avait consacré 1,1 million d’euros en 2019 à une canalisation de refoulement des eaux continentales.
Les pluies exceptionnelles d’octobre 2023 ont renforcé la question. La Cour des comptes relève qu’elles ont dépassé les références utilisées jusque-là pour la prévention. Une étude de vulnérabilité achevée fin 2024 a ensuite débouché sur une première ébauche de plan d’actions. La Cour rapporte que le GPMD estimait alors suffisante une enveloppe de 14 millions d’euros d’investissements d’adaptation inscrite dans son projet stratégique. Parmi les interventions envisagées figurent des murs chasse-mer, le rehaussement de portes d’écluses, la protection de leurs équipements et des modifications des systèmes d’assainissement et de refoulement.
Cette étude ne décrivait pourtant pas un port uniformément menacé. Selon les éléments transmis à la Cour des comptes, aucun besoin à court ou moyen terme n’était identifié au port Ouest, plus récent. Au port Est, le bassin maritime joue lui-même un rôle de tampon. La priorité est donc de déterminer quels ouvrages devront évoluer, dans quel ordre et selon quels nouveaux niveaux de risque.
Le calendrier montre que cette organisation n’est pas encore achevée. En 2025, la Cour indiquait que Dunkerque-Port devait disposer avant la fin de l’année d’un plan d’adaptation « concret et chiffré ». En août 2026, le nouvel accord-cadre porte toujours à la fois sur son élaboration, son animation et son suivi. L’avis de marché ne précise pas quelle part concerne encore la rédaction du plan et quelle part correspond désormais à son pilotage dans la durée. En revanche, sa durée de quatre ans et les critères de sélection montrent que le port cherche aussi à suivre le plan dans le temps.
Le plan devra aussi composer avec l’expansion du port. Pour son projet stratégique 2025-2029, l’Autorité environnementale recensait 357,3 hectares d’artificialisation prévus et demandait parallèlement que le risque d’inondation continentale soit mieux intégré, avec une démonstration de la capacité des watergangs à évacuer les eaux dans toutes les situations. À l’échelle nationale, le troisième Plan national d’adaptation demande justement aux grands ports maritimes d’intégrer l’adaptation climatique à la mise à jour de leurs projets stratégiques entre 2024 et 2026.
En mai, La Clé Publique avait détaillé le travail lancé à l’échelle des zones industrielles du Dunkerquois. Le marché publié cet été concerne cette fois les responsabilités propres du port. À Dunkerque, cette adaptation se mesurera donc ouvrage par ouvrage : à la hauteur d’une porte d’écluse, à la protection d’un équipement électrique ou à la capacité d’un réseau à évacuer l’eau.
Sources consultées
- BOAMPAccompagnement à l'élaboration, à l'animation et au suivi du Plan d'Adaptation au Changement Climatique du Grand Port Maritime de Dunkerque
- Cour des comptesLe Grand Port Maritime de Dunkerque
- Mission régionale d’autorité environnementale Hauts-de-FranceAvis sur le projet stratégique 2025-2029 du Grand Port Maritime de Dunkerque
- Ministère de la Transition écologiqueTroisième Plan national d’adaptation au changement climatique, mesure 30