
Lille veut permettre de se baigner l’été au quai du Wault. La Ville a annoncé le 4 août son adhésion à l’alliance Swimmable Cities, dont elle devient la deuxième ville française membre. Elle confirme ainsi un engagement déjà inscrit dans son programme municipal : une baignade gratuite, encadrée et surveillée. Le maire Arnaud Deslandes évoque l’été 2028 pour les premiers plongeons. Cet horizon n’est toutefois accompagné, à ce stade, ni d’un budget public, ni d’une capacité d’accueil, ni d’un calendrier de travaux.
Pour l’instant, le quai reste un bassin que l’on regarde depuis la rive. La baignade en eau libre demeure interdite partout à Lille, notamment dans la Deûle et ses dérivations, en raison des risques de pollution bactérienne, de débris immergés et de courants. La mairie conditionne toute ouverture à des mesures satisfaisantes de la qualité de l’eau et à une concertation avec les habitants. Des analyses sanitaires répétées sur plusieurs mois doivent commencer à l’automne, selon le calendrier présenté par le maire.
Rendre le quai baignable ne consistera donc pas à poser quelques échelles. Le futur gestionnaire devra assurer la sécurité et l’hygiène du site, déclarer son ouverture et se soumettre aux contrôles de l’Agence régionale de santé. Un profil de baignade devra aussi repérer les sources possibles de pollution. Selon les résultats, le gestionnaire pourra fermer le site et le maire interdire ou limiter la baignade, avec information du public.
À Lille, cela suppose encore de définir les accès, la surveillance, les secours, la fréquentation admissible et les aménagements du bassin. La charte annoncée le 4 août ne règle aucune de ces questions. Elle engage plutôt ses membres à maintenir des eaux compatibles avec la baignade grâce à leurs infrastructures, leurs équipements et leurs services. Elle relie ainsi la promesse de baignade à une gestion durable de l’eau.
La fréquentation donne une mesure de l’attente. Pendant la canicule du 22 au 28 juin, et après le passage des piscines municipales au tarif d’un euro, les équipements de Lille, Lomme et Hellemmes ont enregistré entre 700 et 1 000 entrées par jour, avec plusieurs pointes à la capacité maximale de Plein Sud. La récente ouverture de la piscine Camille-Muffat augmente l’offre de nage couverte. Le quai du Wault proposerait autre chose : un lieu extérieur et central pour se rafraîchir, nager ou simplement entrer dans une eau aujourd’hui interdite.
L’adhésion à Swimmable Cities donne un cadre à la promesse municipale, mais elle n’annonce pas encore un chantier prêt à partir. Au quai du Wault, la première étape sera de démontrer, prélèvement après prélèvement, que le bassin peut devenir un équipement public.
Sources consultées
- Ville de LilleLille, ville baignable !
- Ville de LilleLille Mag n° 164, Les grands engagements du mandat
- MetropolysLille : on pourrait bientôt se baigner au quai du Wault
- Ville de LilleJ’apprends à nager pour prévenir les noyades
- Ministère chargé de la SantéPourquoi et comment est contrôlée la qualité des eaux de baignade
- Swimmable Cities et Ville de LilleCharte officielle des villes baignables